Nautisme : Beneteau se sépare de 4 marques et réduit le nombre de ses modèles

Le spécialiste du nautisme Beneteau n’est pas épargné par la crise, et il se cherche un nouveau cap. Son activité a diminué quasiment de moitié au troisième trimestre de son exercice clos fin juin. Cela a touché aussi bien la fabrication des bateaux que la deuxième activité du groupe, les mobil-homes.

 

« 2020 sera difficile, mais pas catastrophique », a averti Jérôme de Metz, le PDG de Beneteau

Les usines ont été à l’arrêt pendant six semaines et depuis la reprise est assez lente. Et les 8 300 salariés du groupe très présent dans l’Ouest de la France était dans l’expectative. L’année sera difficile, mais pas catastrophique, a prévenu son PDG Jérôme de Metz dans les Echos, qui rappelle que le groupe a l’habitude de connaître des fortes vagues en période de tempête comme c’est le cas aujourd’hui. Il a d’ailleurs annoncé un nouveau plan stratégique à 5 ans, « Let’s Go Beyound 2020-2025« , qui vise à restaurer les marges pour atteindre la barre des 10 %.

 

 

Vous le savez pour le marin, la visibilité est importante et le groupe a décidé d’abord de réduire la voilure en termes de marques. Il va passer de 12 à 8 marques et surtout réduire le nombre de modèles à environ 120 contre près de 200 aujourd’hui. Une concentration qui devrait permettre d’améliorer les marges, de réduire les investissements et d’éviter la cannibalisation entre certains modèles. Malgré cela, Beneteau entend rester l’un des géants mondiaux du nautisme, capable de couvrir tous les segments du marché pour la voile ou pour les bateaux à moteur avec des prix dépassant pour certains le million d’euro. Mais il va sortir du monde des yachts dans lequel il a perdu beaucoup d’argent.

 

Beneteau veut aussi se lancer dans les bateaux électriques

La division habitat – avec les mobil-home- passe elle entre les gouttes et le groupe espère bien profiter à terme de l’engouement pour les campings, des campings qui montent en gamme depuis quelques années, même si son président le reconnaît, pour 2020, les campings ont raté la pré-saison, essentielle pour être profitable sur l’année. Beneteau a aussi des projets dans les bateaux électriques.

 

 

Cela fait plusieurs mois déjà que le groupe réfléchit à un développement dans ce secteur, pas seulement parce qu’il veut verdir une activité jugé polluante, mais aussi parce que le marché est perçu comme étant très prometteur. Pour cela Beneteau veut s’appuyer sur Delphia. C’est un chantier créé par deux Polonais en 1990 et qui fabrique des bateaux à moteur de 8 à 12 mètres pour le marché scandinave. Beneteau veut le transformer en un spécialiste des bateaux électriques pour les lacs et les rivières. Un premier pas alors que le coût, le rechargement et la faible autonomie reste encore un frein au développement en série de cette marine en pleine mer.

 

Pierrick Fay