Dépression : un implant pourrait guérir la maladie

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Selon une étude parue samedi 9 octobre dans The Lancet, les cas de dépression et d’anxiété ont augmenté de plus d’un quart dans le monde en 2020.

Dans 15 à 30 % des cas, les stratégies thérapeutiques standards proposées restent inefficaces

Le résultat de l’étude est loin d’être une surprise, il permet de définir et de détailler l’ampleur de l’impact du Covid-19 sur le moral de la population mondiale. Le problème est que dans 15 à 30 % des cas, les stratégies thérapeutiques standards proposées restent inefficaces. C’est ce qu’on appelle la dépression résistante. Pour lutter contre celle-ci, une équipe de chercheurs américains a mis au point un implant cérébral et a tenté une approche complètement personnalisée. Cet implant aurait fait ses preuves sur une patiente de 36 ans, atteinte de dépression résistante, une première mondiale.

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Ce genre d’implant a déjà fait ses preuves dans d’autres pathologies

C’est en fait un mini-ordinateur logé dans le crâne, avec d’un côté des électrodes qui enregistrent l’activité du cerveau puis de l’autre celles qui le stimulent. Dès que ce système va reconnaitre la fréquence neuronale liée à la dépression, il va appliquer un courant électrique dans cette zone pour l’annuler. Pour la dépression, c’est une première mais ce genre d’implant a déjà fait ses preuves dans d’autres pathologies explique le psychiatre Philippe Domenech spécialisé en neurosciences, « pour les patients atteints de Parkinson par exemple, le système repère la trace neuronale des tremblements et s’adapte à cela. Il y a aussi le champ de l’épilepsie qui se prête beaucoup à ce genre de traitements. On met des grilles d’électrodes en face des zones épileptogènes et lorsque le stimulateur repère le début d’une crise d’épilepsie, il envoie une stimulation pour casser la crise ».

 

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Le problème est que contrairement à ces maladies, la fréquence neuronale de la dépression varie en fonction des malades. Il faut donc être capable de trouver le schéma dépressif de chaque patient. L’opération est très lourde, plus de 8h, avec une chirurgie de précision. Une prouesse qui peut donc difficilement devenir un traitement de masse.

Rémi Pfister 

Ecoutez le reportage de Rémi Pfister : 

 

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