Covid-19 : Suite aux annonces de l’exécutif, l’opposition tente d’exister

Après les annonces de Jean Castex et d’Olivier Véran hier, l’exécutif a tenu la ligne qui était chère à Emmanuel Macron, à savoir éviter au maximum d’imposer aux Français des restrictions qui n’auraient pas lieu d’être.

Florian Philippot a invité les politiques à le rejoindre lors d’une grande marche pour « les libertés »

Le refus d’un couvre-feu pour le Nouvel an a fait l’objet d’un débat hier. D’où le refus, aussi, de fermer quelque secteur que ce soit ou de reporter la rentrée scolaire comme le réclamaient certains soignants et plusieurs voix dans l’opposition. A la place, l’exécutif a opté pour un renforcement de tous les curseurs à sa disposition. Le télétravail d’abord, rendu obligatoire 3 à 4 jours par semaine. Le vaccin ensuite, qui va devenir quasiment obligatoire d’ici au 15 janvier et dont le rappel a été avancé à trois mois seulement après l’injection d’une dernière dose pour tous les adultes majeurs. Cela donne des idées à certains. A commencer par Florian Philippot, l’ancien numéro deux du Front National, aujourd’hui à la tête de son mouvement des Patriotes. Farouchement opposé à toutes les mesures sanitaires depuis le début de la crise, l’énarque a lancé la semaine dernière, un appel à « l’union sacrée » de tous les candidats qui refusent ce qu’il appelle la « dictature covidiste ». Il a donc écrit un courrier à Marine Le Pen, Éric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle, François Asselineau, ou encore Jean-Luc Mélenchon, pour les inviter à le rejoindre lors d’une grande marche pour « les libertés ».

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Cette initiative a peu de chances de voir le jour sur le plan politique, même si elle rencontre un certain succès populaire. Car après les manifestations qui ont rassemblé jusqu’à 215 000 personnes en plein cœur du mois d’août cet été, une pétition en ligne a encore réuni plus d’un demi-million de signataires hier, sur le site « LesLignesBougent.org ». Cela ne pourrait pas aboutir politiquement parce que l’opposition systématique à une politique ne fait pas un projet présidentiel pour autant. Florian Philippot le sait parfaitement, à travers cette démarche il cherche surtout à exister dans cette campagne plus qu’à peser dans le débat public. Ses adversaires l’ont bien compris et c’est pourquoi ils se tiennent à bonne distance de ses excès et de ses outrances tout en cherchant cependant, à récupérer la part de l’électorat qui peut être séduit par le discours de l’ancien numéro 2 du FN. Un électorat qui ne supporte plus certaines des injonctions infantilisantes de l’exécutif, et qui a encore été servi hier, avec la dernière trouvaille de Matignon : la quasi-interdiction d’être debout. Preuve qu’après bientôt deux ans de pandémie, nous ne sommes toujours pas au bout de nos surprises.

Arthur Berdah

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