Coronavirus : « On savait dès le mois de janvier qu’il fallait fermer les frontières », affirme Marine Le Pen

Marine Le Pen était l’invitée de la matinale de Renaud Blanc ce mardi 7 avril. La présidente du Rassemblement national a estimé que « sans accès aux services secrets et aux sommités médicales », elle avait mieux anticipé le coronavirus que le gouvernement. Elle a jugé que Donald Trump et Boris Johnson avaient tardé à réagir, mais que « nous n’avions pas de leçons à donner ». A ses yeux, « personne ne sait » si le virus s’est  « échappé d’un laboratoire » ou non.

 

Agnès Buzyn, interrogée à l’Assemblée nationale, « m’a envoyé balader », a jugé Marine Le Pen

« Je suis prête à faire l’unité nationale mais pas autour des mensonges ». A plusieurs reprises ces dernières semaines, Marine Le Pen s’en est prise au gouvernement, qu’elle accuse de mentir sur « absolument tout, sans exception ». Elle a indiqué pouvoir faire partie d’un gouvernement d’unité nationale mais a fixé ses conditions. « L’unité nationale ne se fait pas entre petits politiques, cela se fait avec le peuple, déjà ».

 

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La présidente du Rassemblement nationale a reconnu que politiques comme scientifiques « ne savent pas tout, certes ». Mais elle a assuré être mieux informée qu’eux. « Si moi je peux savoir, alors que je n’ai pas accès aux réseaux diplomatiques, aux services secrets, aux sommités médicales, c’est donc que l’on avait la capacité de savoir. On savait dès le mois de janvier qu’il fallait fermer les frontières. On savait qu’on allait être en pénurie de masques, de protections, de médicaments ». La députée du Nord a, pour démontrer son anticipation supposée, rappelé la question orale qu’elle avait posée le 11 février à Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé.

 

 

« On m’a envoyé balader de la pire des manières, puisque Madame Buzyn m’avait répondu que l’important était de développer le tourisme et que l’UE s’occupait de la souveraineté des médicaments ». Au cours de sa réponse, la ministre avait en effet attesté qu’à l’époque, « tous les malades sont des gens qui ont voyagé« . « Je souhaite rappeler que nous souhaitons développer le tourisme aujourd’hui », avait-elle déclaré dans la foulée. Agnès Buzyn avait ensuite invoqué « l’extrême complexité à produire » certains médicaments, « notamment les vaccins » pour justifier qu’aucun pays ne pouvait assurer seul sa souveraineté d’approvisionnement en médicaments.

 

Marine Le Pen adresse tous ses « voeux de rétablissement » à Boris Johnson, hospitalisé

Marine Le Pen s’en est aussi prise au ministre de la Santé actuel et à la porte-parole du gouvernement, pour fustiger les changements de stratégies de l’exécutif. « Il faut se souvenir que le 1er mars, monsieur Véran nous dit : dans la mesure où le virus circule en France, il n’y a aucune raison de confiner les gens qui reviennent de régions à risque. Le 5 mars, Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, nous dit : techniquement, au stade 3, on ne fermera plus les écoles, on arrêtera d’empêcher les rassemblements car cela ne sera plus la peine. Il faudra mettre l’accent sur la prise en charge ».

 

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La présidente du RN a jugé que la situation de la France s’apparentait à l’impréparation du Royaume-Uni et à celle de son Premier ministre, aujourd’hui infecté par le coronavirus et hospitalisé depuis hier. « J’adresse tous mes vœux de rétablissement à Boris Johnson », a dit Marine Le Pen, qui a préféré mettre en avant la stratégie mise en place par la Corée du Sud ou Hong-Kong. Ces pays « ont réussi à endiguer l’épidémie, c’est-à-dire à fermer leurs frontières, à mettre en place immédiatement des tests pour toutes personnes qui présentaient le moindre symptôme ».

 

 

« Et si elles étaient testées positives, elles étaient immédiatement confinées, comme tout ceux qui avaient été en contact avec elle dans les 15 jours. Cette sorte de confinement individuel a évité ce confinement d’ampleur que nous sommes en train de vivre en Italie, en Espagne, en France et probablement demain aux Etats-Unis ».

 

Chloroquine : Didier Raoult aurait dû être encouragé, selon Marine Le Pen

Les Etats-Unis, qui avaient aussi choisi de fermer une partie de leurs frontières en suspendant le vols de ressortissants européens à destination de son territoire. Pour autant, l’épidémie s’y est répandue, seulement quelques semaines plus tard. « Donald Trump ne les a pas fermées tôt, mais plutôt tard. La fermeture des frontières, ce n’est pas suffisant mais c’est évident, a argué Marine Le Pen. On ne peut pas laisser entrer des gens possiblement contaminés quand on tente d’endiguer une épidémie ».

 

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« On nous disait : le virus n’a pas de frontières. Mais les gens qui portent le virus, eux, peuvent passer une frontière. Il faut être gravement atteint sur le plan idéologique, pour ne pas comprendre cela ». En outre, Marine Le Pen a pris position au micro de Renaud Blanc en faveur de Didier Raoult, l’infectiologue du l’IHU Méditerranée Infection de Marseille. Elle a fait part de son « incompréhension à l’égard du choix du gouvernement ».

 

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« Nous n’avons pas de traitement contre le Covid-19. Il existe une possibilité de traitement, mais prise tout au début des symptômes, qui est l’association entre l’hydroxychloroquine et l’azytromicine. Plutôt que de faire immédiatement, sur la base du volontariat, une grande étude, on a tergiversé, on a interdit aux médecins de la prescrire. Beaucoup de pays dans le monde sont en train de le mettre en place, sauf nous », a-t-elle regretté.

 

Marine Le Pen questionne toujours l’origine du coronavirus, possiblement « échappé d’un laboratoire »

La présidente du Rassemblement national n’a pas rétro-pédalé sur la question de l’origine du virus. Dans une déclaration à la presse, elle avait estimé « de bon sens » de s’interroger pour savoir si le virus ne s’était pas « échappé d’un laboratoire ». « Ni moi, ni vous, ni personne ne sait ce qu’il en est. Il y a une grande publication qui est reconnue par tout le monde qui est The Lancet, qui en l’occurrence se pose des questions. Les gens se posent des questions. La communauté scientifique n’est pas affirmative sur ce sujet ».

 

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Pour l’heure, aucune publication de The Lancet n’affirme que le coronavirus proviendrait d’un laboratoire situé à proximité du marché au poisson de Wuhan – théorie assez répandue sur les réseaux sociaux – puisque « aucun lien épistémologique » n’a pour le moment été relaté dans la revue médicale « entre le premier patient et les cas ultérieurs » dénombrés à Wuhan. « En tant que politique, je m’en moque, a indiqué Marine Le Pen. Car cela n’a aucune influence sur la manière dont on doit se mettre en position pour faire face à cette épidémie, pour redresser l’économie ».

 

 

Une économie que le gouvernement promet à l’avenir moins dépendante des marchés extérieurs en ce qui concerne les productions stratégiques. « On verra si cette belle déclaration dure dans le temps. Si c’est le cas, il faudra qu’il affronte l’Union Européenne, dont l’idéologie est exactement l’inverse ; une idéologie du libre-échange total, de l’absence de stock et de souveraineté nationale », a-t-elle prédit.

 

Nicolas Gomont

 

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