Coronavirus : Manu Dibango est mort à l’âge de 86 ans

Le musicien et saxophoniste camerounais était l’icône africaine du World Jazz. Il est décédé des suites du Covid-19, la maladie provoquée par le coronavirus, après avoir été hospitalisé mi-mars en région parisienne. Sa dernière tournée « Safari Symphonique » mêlait jazz et musique classique.

Pour tous ses admirateurs, Manu Dibango était « Papy Groove »

Il y a une semaine, le 18 mars, les proches de Manu Dibango annonçaient qu’après une récente hospitalisation due au Covid 19, il se reposait et récupérait (dans le Val de Marne) dans la sérénité. Il se réjouissait d’avance de retrouver prochainement son public à qui il demandait, en cette période troublée, de bien prendre soin de lui. 6 jours plus tard, était publié sur sa page Facebook ce funeste message : « Chers parents, chers amis, chers fans. Une voix s’élève au lointain… C’est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Manu Dibango, notre Papy Groove, survenue le 24 mars 2020 à l’âge de 86 ans ».

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L’an dernier, le musicien camerounais avait entamé une longue tournée pour célébrer ses 60 ans de carrière. En octobre, de passage à Paris il avait présenté au Grand Rex son Safari Symphonique, mélange de rythmes traditionnels de son Cameroun natal et de sonorités jazzy à la rencontre de la pure tradition de la musique classique européenne. À cette occasion, il était accompagné par l’orchestre symphonique Lamoureux. En février dernier, pour l’une de ses dernières apparitions en public, Manu Dibango était venu jouer son Safari symphonique à l’Opéra Berlioz du Corum de Montpellier avec son groupe, le Soul Makossa Gang, et une partie de l’Orchestre national de Montpellier.

 

Son tube « Soul Makossa » avait fait le tour du monde

Né à Douala (Cameroun), Emmanuel N’Djoke Dibango était arrivé à Marseille en 1949. Fait chevalier de la Légion d’honneur en 2010, « Papa Manu » s’était fait connaître en 1972 avec « Soul Makossa », un morceau qui a connu un étonnant destin. Ce n’était au départ que la face B d’un 45 tours dont le titre phare était un hymne pour l’équipe de foot du Cameroun à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations. Repéré par des DJs new-yorkais, le titre a connu mille vies. Manu Dibango avait même accusé Michael Jackson de plagiat sur un morceau de l’album « Thriller ». Un accord financier avait finalement été trouvé. Olivier Bellamy, qui avait reçu Manu Dibango en 2011 sur l’antenne de Radio Classique, avait souligné sa modestie, le bonheur communicatif qu’il véhiculait et cette « nuée de vitamines qui avait envahi le studio ».

 

Philippe Gault