Manu Dibango, un bonheur communicatif

Il est arrivé à la radio, très en avance, visiblement fatigué par un récent voyage au Cameroun, mais cordial, chaleureux et très simple. J’étais moi-même un peu abattu après avoir attendu un taxi dans le froid et sous la pluie pendant plus d’une heure. Mais dès que le rouge s’est allumé, une nuée de vitamines a envahi le studio.
A son âge (plus de 75 ans), Manu Dibango ne se paye pas de mots. Il a joué avec les plus grands, il est l’un des rares artistes francophones à être une star aux Etats-Unis, mais cela n’a rien changé en lui. Il affirme que sa musique n’est pas porteuse de message. Simplement « faire plaisir » comme le disait Debussy. Nulle trace de prétention, pas un soupçon de frustration. Quelle leçon pour ces artistes « conceptuels » dont le « message » qui accompagne leurs oeuvres ressemble aux épais manuels de configuration d’appareils électroniques. Quelques perles au cours de l’entretien : « Avec les musiciens, on est amis avant et après, mais pas pendant. » Et cet humour, cette culture, cette intelligence qui transparaissaient sans jamais vouloir s’afficher.
Après l’émission, Manu Dibango a avoué à son agent n’avoir pas passé un aussi bon moment devant un micro depuis longtemps. Et les auditeurs de Passion Classique qui patientaient dans les embouteillages lui disent « Merci » d’avoir ainsi illuminé leur début de soirée.
Voici son programme :

Concerto pour Piano n° 2 de Rachmaninov (3e mvt)
Concerto n° 1 de Tchaïkovski (1er mvt)
Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak (4e mvt) Kertesz

MADELEINES :

God Save the Queen ( l’hyme anglais )
Boris Vian : Le Déserteur
Petite Fleur de Sidney Bechet pour le Jazz Nouvel Orléans.

Dernier album : « Past, Present, Future » (Paris, je t’aime)