Coronavirus : « les essais sur la chloroquine semblent très positifs » affirme Philippe Douste-Blazy

Philippe Douste-Blazy était l’invité de la matinale de Guillaume Durand ce mercredi 26 février. L’ancien ministre de la Santé, médecin et ex-secrétaire générale adjoint de l’ONU a assuré que la France n’était pas « en pandémie » de coronavirus mais qu’il « faut s’y préparer ». Il a désapprouvé la polémique « catastrophique » entre Agnès Buzyn et Anne Hidalgo autour du Covid-19, « pas au niveau de ces deux femmes ».

 

L’hydroxychloroquine, ou nivaquine, un anti-inflammatoire efficace contre le coronavirus

« Nous ne sommes pas en pandémie en France mais il faut s’y préparer ». Philippe Douste-Blazy, ministre de la Santé sous Jacques Chirac, a voulu se montrer rassurant ce matin au micro de Guillaume Durand. Hier, l’Organisation mondiale de la santé, dont Philippe Douste-Blazy a été le secrétaire général adjoint jusqu’en 2017, a tenu des propos alarmistes, estimant que le monde n’était « tout simplement pas prêt » à faire face à l’épidémie mondiale de coronavirus. « L’OMS dit que le pic est derrière nous en Chine. Mais en même temps, on voit que la Corée du Sud, l’Iran et l’Italie sont pratiquement en pandémie, puisqu’il y a eu 300 cas en un seul jour en Italie ». Celui qui est aussi médecin s’est interrogé : « Est-ce les mesures prises par les Chinois – la Chine est le seul pays au monde à pouvoir confiner 80 millions de personnes – ont été positives ? La réponse est oui, mais partiellement ».

 

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Par rapport au SRAS, virus dont la propagation avait secoué le monde au début des années 2000, le coronavirus est contagieux avant même que les symptômes ne se manifestent chez la personne infectée. D’où la diffusion éclair du virus. Ce matin, Didier Raoult, directeur de l’Institut méditerranée d’infection à Marseille affirmait qu’un traitement existait, l’hydroxychloroquine, appelé également nivaquine. Ce médicament antipaludique pourrait fonctionner contre le Covid-19. « Il m’a fait part de ses observations et des études qu’il mettait en évidence, a déclaré le nouveau ministre de la Santé, Olivier Véran. J’ai fait remonter tout cela à la direction de la Santé, qui est en train de faire toutes les analyses ».

 

« Aucun laboratoire ne gagnera d’argent » a affirmé Philippe Douste-Blazy

Toutefois, aucune étude clinique de ce produit sur des êtres humains n’a encore abouti. « Je connais bien Didier Raoul qui est un des plus grands infectiologues au monde, a expliqué Philippe Douste-Blazy. Quand il dit quelque chose, il faut l’écouter ». Il a aussi cherché à démonter toute théorie du complot pouvant naître de cette révélation. « Aucun laboratoire pharmaceutique ne gagnera d’argent, il n’y a que des génériqueurs. Moi, je n’ai pas peur de l’épidémie. J’ai peur de la peur. La panique fait faire n’importe quoi. » Depuis la médiatisation de l’épidémie, certaines vidéos, tournées dans le métro notamment, font état de personnes refusant de se trouver à proximité de d’hommes et de femmes d’origine asiatique.

 

 

« Dans le métro, il vaut mieux savoir qu’il y a 50 fois plus de particules fines que le seuil de l’OMS ne le permet. C’est sans doute bien plus dangereux que le coronavirus. » Mais au-delà de la crise sanitaire, l’inquiétude des populations à l’égard de l’agent pathogène a entraîné une bataille politique. En témoigne l’angle d’attaque choisi par la récente candidate LREM aux municipales à Paris, Agnès Buzyn pour délégitimer le travail d’Anne Hidalgo. L’ex-ministre de la Santé a remis en cause lundi 24 février la préparation de la mairie de Paris face au virus.

 

Passes d’armes entre Agnès Buzyn et Anne Hidalgo, « pas au niveau de ces deux femmes »

« À mon avis, les agents de la mairie de Paris ne sont pas formés et préparés », avait-elle déclaré. « Un mensonge » a répliqué hier sur notre antenne Emmanuel Grégoire, premier adjoint de la maire sortante, affirmant avoir produit des courriers attestant de l’implication d’Anne Hidalgo dans la crise sanitaire. « C’est catastrophique, a protesté Philippe Douste-Blazy. Il ne faut surtout pas faire de politique politicienne avec des maladies qui peuvent entraîner la mort. Ce n’est pas au niveau de ces deux femmes ». Se montrant moins grave, il a replacé le sujet autour du rôle des métropoles dans les politiques de santé.

 

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« Est-ce les grandes villes du monde ne doivent pas être des acteurs de santé publique ?, s’est-il questionné, emboîtant le pas du maire de Wuhan, la province épicentre du Covid-19, qui a tenu dernièrement de semblables propos. Parce que 2/3 de la population mondiale va y vivre en 2050″. S’il refuse de céder à la panique, Philippe Douste-Blazy a apporté son soutien à ceux qui souhaitait annuler le match de football opposant ce soir Lyon à la Juventus de Turin. « Si Jean-Michel Blanquer [ministre de l’Education nationale] dit que tous les enfants allés en Italie ne doivent pas se rendre à l’école, pourquoi mettre 3000 à 6000 personnes qui vont boire des bières ensemble, crier les uns à côté des autres dans un stade ? La promiscuité est un risque ».

 

Philippe Douste-Blazy ne veut plus de prostitution dans le bois de Boulogne

Ancien candidat malheureux à la direction de l’OMS assure ne pas avoir de regrets. « On pourrait croire que je suis aigri mais ce n’est pas le cas »‘. Son avenir professionnel devrait en partie s’écrire à la maire du 16e arrondissement de Paris. « Danièle Giazzi [actuelle maire du 16e] est une amie depuis 25 ans et elle m’a demandé de l’aider », s’est-il justifié avant de décliner ses motifs d’engagement. Je vois l’insécurité dans le 16e arrondissement, [je vois] qu’il faut une brigade de police dans le bois de Boulogne.
En tant que cardiologue, j’aimerais qu’il y ait des parcours fitness et d’exercices physiques plutôt que de la prostitution. Les gens de plus de 70 sont en traumatologie parce qu’il ont été renversés par une trottinette. » Malgré son parcours et les postes prestigieux qu’il a exercé, il ne figurera qu’en deuxième position sur la liste électorale. « Mon expérience, je l’a mets au service de Paris où j’habite depuis 12 ans », a-t-il conclu.

 

 

Nicolas Gomont

 

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