Le programme de Rachida Dati est « un tissu d’âneries », selon Emmanuel Grégoire

Emmanuel Grégoire était l’invité de la matinale de Guillaume Durand ce mardi 25 février. Le premier adjoint d’Anne Hidalgo (PS) à la mairie de Paris a fait le procès de Rachida Dati, une « Brutus » qui se rendrait coupable d’une « forme de populisme à la Trump ». Il a également rejeté la « faillite globale de la sécurité » sur le ministère de l’Intérieur et la Préfecture de Police.

 

Agnès Buzyn a commis « une faute politique historique a double niveau »

« C’est une faute politique quand on ment ». La campagne des municipales à Paris bat son plein. En témoigne le passage ce matin au micro de Guillaume Durand d’Emmanuel Grégoire, le premier adjoint d’Anne Hidalgo (PS) candidate à sa réélection. A cette occasion, il s’en est pris à la dernière arrivée dans la course à la mairie de Paris, l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn (LREM), coupable d’une « faute politique historique à double niveau ». Emmanuel Grégoire lui a d’abord reproché d’avoir « quitté son ministère à un moment de crise extrêmement aiguë », alors que la crise du coronavirus s’intensifie de l’autre côté de la frontière italienne.

 

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Ensuite, il lui a tenu à rappeler « un mensonge » dont se serait rendue coupable Agnès Buzyn, qui a accusé chez nos confrères d’Europe 1 la mairie de Paris d’impréparation face au Covid-19. « À mon avis, les agents de la mairie de Paris ne sont pas formés et préparés », avait alors déclaré la remplaçante de Benjamin Griveaux. Emmanuel Grégoire a tâché ce matin d’apporter la preuve du contraire, assurant avoir produit les nombreux courriers émanant de la mairie de Paris à destination du ministère de la Santé. « La ministre [Agnès Buzyn] y a répondu » et aurait même félicité Anne Hidalgo « de sa très grande implication à ce sujet »

 

Emmanuel Grégoire a accusé Rachida Dati de faire du « populisme à la Trump »

Mais l’adversaire la plus sérieuse pour la maire actuelle reste Rachida Dati, placée juste derrière elle dans un dernier sondage. Emmanuel Grégoire n’a donc pas mâché ses mots à son égard. « Rachida Dati, c’est Brutus », a-t-il taclé, invoquant « une immense violence dans les propos » de la candidate Les Républicains. « Elle ne s’embarrasse d’aucune relation à la vérité. Son programme est un tissu d’âneries ». La dette de la mairie de Paris s’étant nettement accrue sous la mandature socialiste, Anne Hidalgo est régulièrement sujette à des critiques pour sa gestion financière de la ville.

 

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Emmanuel Grégoire a essayé de contre-attaquer. Rachida Dati « annonce un retour à 0 de la dette alors qu’elle augmente les dépenses […] dans la sécurité, dans la propreté… Elle ment au point de vu financier ». Après avoir comparé sa stratégie de communication à une « forme de populisme à la Trump », il a souhaité revenir sur une déclaration de Rachida Dati, faite hier 24 février à la télévision. « Les propos ignobles que tient Rachida Dati, expliquant l’attentat en Allemagne par la politique migratoire, n’a d’autre objectif que de faire un parallèle bidon sur le fond entre ce qu’a fait Angela Merkel et Anne Hidalgo ».

 

La Préfecture de police de Paris aurait refusé de communiquer les chiffres de la délinquance

Une manière aussi pour Rachida Dati de pointer du doigt les problèmes de sécurité dans la capitale, vus comme le talon d’Achille d’Anne Hidalgo. Emmanuel Grégoire a écarté toute responsabilité de la majorité au Conseil de Paris dans « la faillite globale de la sécurité ». Il a notamment assuré que « la sécurité n’est pas de [la] compétence légale » de la maire, avant de rejeter la faute sur les autres acteurs de l’équation. « Nous n’avons cessé d’interpeller le ministère de l’Intérieur et la Préfecture de police, qui ont refusé de communiquer les chiffres de la délinquance, tellement ils en avaient honte.

 

 

Et ils refusent toujours de transmettre aux maires d’arrondissement les effectifs dans les commissariats ». Il a toutefois expliqué ne pas vouloir blâmer la Préfecture de police, « confrontée à des missions supplémentaires de maintien de l’ordre public qui cannibalisent les forces » ; références faites aux attentats terroristes et aux mouvements des Gilets jaunes.

 

Les automobilistes continueront d’être « incités » à ne plus prendre le volant

Concernant la politique « 100% vélo » menée par Anne Hidalgo, qui pour certains a déclaré la guerre à la voiture dans Paris, Emmanuel Grégoire a plaidé l’exagération d’une partie « des commentateurs, des journalistes et de [ses] adversaires, qui entendent ce qu’ils veulent bien entendre ». Il a tout de même rappelé que tous ceux qui peuvent se passer de l’automobile seront « incités » à le faire, mais promet « d’augmenter le nombre de places de stationnement pour les personnes à mobilité réduite ou celles à destination des livreurs et artisans ».

Sa « priorité est la pollution », à des « niveaux très inquiétants pour les plus fragiles ». Anne Hidalgo ne semble, d’après les sondages d’opinion, ne pouvoir l’emporter que grâce à des alliances de second tour. Emmanuel Grégoire dit y travailler. « Nous avons envoyé des signaux d’amour puissants », en direction des écologistes notamment. Il reconnait une proximité programmatique avec Cédric Villani, mais explique que tout rapprochement avec lui reste « ambiguë » à cette heure.

 

 

Nicolas Gomont

 

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