Jean-Luc Mélenchon est un « républicain en peau de lapin », selon Gilles Le Gendre

Gilles Le Gendre était l’invité de la matinale de Guillaume Durand ce lundi 24 février. Le président du groupe LREM à l’Assemblée nationale a qualifié Jean-Luc Mélenchon de « républicain en peau de lapin ». Il a aussi assuré que « la majorité soutiendra » Edouard Philippe s’il utilise le 49.3.

 

1.810 amendements discutés, encore 34.000 à examiner

« Le groupe n’est pas divisé », a assuré avec vigueur Gilles Le Gendre au micro de Guillaume Durand ce matin. Pour le président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, aucune querelle n’existe entre les députés de la majorité au sujet de l’usage de l’article 49.3 de la Constitution pour la réforme des retraites.« Il n’y a que 33 députés dans l’hémicycle qui souhaitent le 49.3 : la France Insoumise et les communistes. C’est eux qui font le blocage ». Pour l’heure « 1.810 amendements » seulement ont déjà été discutés en une semaine de débat, d’après les chiffres de Gilles Le Gendre. 46 ont été adoptés alors qu’il en reste 34.000 à examiner.

 

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« On a même pas encore voté l’article 1, a-t-il regretté avant de se lancer dans une anaphore pamphlétaire : « Ce sont les mêmes qui multiplient les invectives et les incidents de séances. Ce sont les mêmes qui appelaient à chasser Emmanuel Macron et les Français à se rebeller. Ce sont les mêmes qui moquent et piétinent l’effigie du président de la République devant le palais Bourbon pendant les débats. »

 

LREM « inoxydable » aux attaques des communistes et de la France Insoumise

Gilles Le Gendre a ensuite visé Jean-Luc Mélenchon. « C’est un républicain en peau de lapin, a-t-il taclé, reconnaissant son admiration pour « son aisance verbale » mais fustigeant sur le fond un discours antirépublicain à ses yeux. « Il pratique insurrection en chambre. » Le député de Paris a refusé de garantir l’usage du 49.3, malgré le retard pris à l’Assemblée, pour valider la réforme des retraites avant les municipales. « C’est la responsabilité du 1er ministre. S’il prend cette décision, la majorité le soutiendra ». Il a assuré que quel que soit le choix du gouvernement, il voulait que figurent dans le texte les amendements de la majorité. « Nous souhaitons que le texte […] tienne compte de la négociation sociale en cours avec les partenaires sociaux ».

 

 

Des négociations qui portent sur la pénibilité, les droits familiaux ou le financement du régime des retraites. « Si 49.3 il doit y avoir, ce ne doit pas être un 49.3 bête et méchant ». Une majorité de Français continuent d’être opposée au système universel par point, alors que le Conseil d’Etat a récemment pointé du doigt le manque de perspectives de financement. « La conférence de financement porte sur le rétablissement des comptes du régime actuel et en aucun cas de celui du régime futur. C’est une malhonnêteté intellectuelle majeure que d’entretenir cela », a contre-attaqué Gilles Le Gendre, après avoir répondu à une récente saillie vulgaire d’un député communiste. « Je passe sur l’expression « faire chier », on est inoxydable à ce genre d’attaque. »

 

« Nous allons gagner l’élection à Paris autour d’Agnès Buzyn », parie Gilles Le Gendre

« On a pu voter des amendements communistes. On n’a pas peur« , a-t-il indiqué, cherchant à prendre le contre-pied des critiques qui accusent LREM de ne pas écouter l’opposition. Interrogé par Guillaume Durand sur l’incidence supposée de la campagne électorale du Premier ministre au Havre sur la défense politique de la réforme, Gilles le Gendre nie en bloc. « En aucun cas » il était prévu qu’Edouard Philippe soit présent sur les bancs pendant l’examen du texte, a-t-il déclaré avant de chercher à rassurer : « Il est totalement aux commandes du gouvernement. » Il a aussi été question de la campagne des municipales à Paris, dont le scénario serait « imprévisible ». « C’est le fait de la semaine : LREM peut gagner Paris », s’est enjoué Gilles Le Gendre. « Il se trouve que la candidature d’Agnès Buzyn relance la campagne ».

 

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Créditée de 17% dans un récent sondage, l’ex-ministre de la Santé a éliminé de son programme les deux mesures phares de celui de Benjamin Griveaux : la transformation de la gare de l’Est et le don de 100.000 euros aux parisiens souhaitant devenir propriétaires. Toutefois, sa victoire ne semble pouvoir s’envisager sans alliances. Si son concurrent Gaspard Gantzer vient de se rallier à elle (devenant le candidat LREM dans le 6e arrondissement de la capitale), aucun accord n’est d’actualité avec le dissident Cédric Villani pour le moment. « Mais se prépare un scénario de rassemblement au second tour », a garanti Gilles Le Gendre. « Il n’y aura pas de tabou « , a-t-il même déclaré concernant un rapprochement avec l’écologiste David Belliard. « Nous allons gagner l’élection de Paris autour d’Agnès Buzyn », a-t-il conclu.

 

 

 

 

Nicolas Gomont

 

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