C’est la guerre entre Coca-Cola et Intermarché !

Si vous avez l’habitude de faire vos courses chez Intermarché et de remplir votre panier de Coca-Cola, dépêchez-vous d’aller faire votre shopping parce que bientôt, il n’y aura plus de canettes rouges chez Les Mousquetaires.

 

Coca-Cola a suspendu ses livraisons à Intermarché

Tous les ans, distributeurs et fournisseurs doivent conclure un accord commercial qui fixe les prix et les conditions. Et cette année, le géant américain et le distributeur français n’arrivent pas à se mettre d’accord. Du coup, Coca-Cola a suspendu ses livraisons. Intermarché explique avoir dit à Coca-Cola ne plus vouloir référencer toute la gamme du groupe. Ils voulaient diviser par deux le nombre de produits de ce groupe qui produit aussi Fanta, Tropico ou Sprite dans plein de formats. Ils voulaient passer d’une centaine à une quarantaine de références.

 

A lire aussi

 

 

D’abord parce que le rayon boissons gazeuses recule, ce qui représente autant de précieux mètres carrés que la direction d’Intermarché pourrait récupérer pour vendre par exemple du bio, qui lui cartonne. Et ensuite parce qu’au sein de ce rayon, les boissons sucrées des multinationales souffrent encore plus. Et du coup Intermarché veut faire plus de place par exemple à des petites marques plus naturelles. Coca-Cola bien sûr n’est pas d’accord car le groupe veut justement élargir et pousser toute leur gamme. Or si Intermarché ne commande plus que du Coca ou presque, les prix seront être fortement révisés à la hausse. Ça peut se comprendre.

 

 

Leclerc a déjà été privé de Ricard lors de négociations commerciales

 

Tous les ans, les négociations commerciales sont tendues et des bras-de-fer débouchent sur des crises d’approvisionnement. Leclerc a été ou s’est privé de Ricard ou de certains camemberts dans le passé. En général, les deux parties finissent par trouver un accord parce que chacun a besoin de l’autre. Si Intermarché n’a plus de Coca-Cola, certains clients iront ailleurs et la part de marché globale du distributeur reculera.

 

 

 

Si Coca n’est plus vendu chez Intermarché qui représente 9% de ses ventes en France, ça va vite lui faire mal. Du coup, on finira sans doute par couper la poire en deux. Intermarché prendra un peu plus de références et Coca augmentera un peu moins que prévu son prix. Sinon, ça sera sans doute à la justice de trancher. On parlera de refus de vente et d’abus de position dominante. Mais ce bras-de-fer révèle aussi que quand le consommateur change, distributeurs et industriels doivent aussi changer… et changer ce n’est pas toujours facile.

 

David Barroux

 

Plus d’articles sur le décryptage économique de David Barroux