Borodine : Que savez-vous du compositeur des Danses polovtsiennes ?

Dans les Steppes de l’Asie Centrale et Les Danses polovtsiennes font partie des œuvres qu’on identifie dès les premières mesures. On connaît souvent moins leur compositeur, Alexandre Borodine. Testez vos connaissances sur l’un des pionniers de la musique russe.

Borodine est né la même année que Brahms

Vrai. Brahms et Borodine sont tous les deux nés en 1833. Mais Borodine meurt en 1887 alors que Brahms ne s’éteint que dix ans plus tard. Heureusement pour nous, car c’est durant cette dernière décennie qu’il écrit les Klaviertsücke pour piano opus 118 et 119 et les œuvres avec clarinette (les deux Sonates, le Trio et le Quintette), ultimes chefs-d’œuvre du maître. Le catalogue de Borodine est bien plus restreint, et ce n’est pas la seule différence entre les deux compositeurs. Brahms reste ancré dans le Romantisme allemand, alors que Borodine va puiser son inspiration dans les mélodies populaires slaves.


Alexandre Borodine

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Balakirev et le Groupe des Cinq ont encouragé Borodine à composer

Vrai. Les compositeurs Mily Balakirev et César Cui avaient pris l’habitude d’échanger leur point de vue sur la musique et de se montrer leurs œuvres. A partir de 1856, Moussorgsky, puis Rimsky-Korsakov et Borodine, les rejoignent. Ainsi se forme ce qu’on a appelé le Groupe des Cinq, même si d’autres compositeurs ont aussi gravité dans son orbite comme Anatole Liadov. Tous s’interrogent sur le moyen d’écrire une musique spécifiquement russe. En effet, la plupart des compositeurs sont sagement restés jusqu’alors dans les traces de l’Occident. Mais Glinka, quelques années plus tôt, a ouvert la voie avec son opéra Ruslan et Ludmila. Désormais, les compositeurs russes opèrent une subtile synthèse entre tradition romantique européenne, musique populaire slave, et influence orientale. Balakirev encourage Borodine, qui ose ainsi s’atteler à sa Première symphonie.


Symphonie n°1 d’Alexandre Borodine

L’opéra Le Prince Igor a été écrit conjointement par Moussorgsky et Borodine

Faux. Borodine commence l’écriture du Prince Igor en 1869. Plusieurs extraits sont créés de son vivant, comme Les danses Polovtsiennes, confirmant la grande valeur de l’œuvre. A sa mort en 1887, ses amis aimeraient monter l’opéra en entier. Problème : Borodine n’a pas réussi à le terminer. Des passages entiers sont encore en version piano-chant, voire seulement esquissés. Rimsky-Korsakov décide donc d’écrire les parties manquantes, tandis que Glazounov se charge de l’orchestration. Moussorgsky, quant à lui, ne risque pas de participer à l’entreprise : il est décédé depuis 1881.

Dans les Steppes de l’Asie Centrale est dédié à Franz Liszt

Vrai. En 1877, la Deuxième symphonie de Borodine essuie un échec lors de sa création. Mais la rencontre de Liszt à Weimar va redonner courage au compositeur. “Ne craignez pas d’être original, lui conseille son aîné. N’écoutez pas les conseils de sagesse et de modération qu’on vous prodiguera. » Par gratitude autant que par admiration, Borodine lui dédie trois ans plus tard la partition de son poème symphonique Dans les Steppes de l’Asie Centrale, un genre que Liszt n’a pas tout à fait créer mais a largement contribué à développer.

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Borodine a hésité toute sa vie entre musique et chimie

Vrai. Borodine a peu composé. Peut-être parce que, parallèlement à la musique, il est resté professeur de chimie à l’Académie militaire de médecine de Saint-Pétersbourg. Difficile de mener de front deux activités, surtout aussi différentes ! D’autant que la chimie représente bien plus qu’un gagne-pain : le domaine intéresse vraiment Borodine, qui va jusqu’à suivre des cours à Paris prodigués par Pasteur lui-même ! On se réjouit qu’il n’ait pas suivi le conseil de son professeur de lycée qui, décelant ses aptitudes dans le domaine scientifique, lui avait tout bonnement suggéré… d’abandonner la musique.

Sixtine de Gournay

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