Assassinat de Samuel Paty : Comment parler de laïcité en classe ?

Face aux dérives, les enseignants disent leur désarroi. « Laïcité, les profs marchent sur des braises » titre Libération, car peu formés sur le sujet, ils font front en solitaire face à des élèves parfois véhéments et à des parents qui les contestent.

Brigitte Macron écrit « être prof c’est être ambitieux pour [ses élèves] »

« Comment parler des sujets sensibles en classe ? » titre Paris Normandie. Marcher sur des braises, parler des sujets sensibles, presque inconsciemment certains titres de presse disent combien la laïcité a reculé. Car il y a 30 ans, aucun élève n’aurait contesté un cours de biologie ou soupiré en entendant parler de la Shoah. Cela veut dire en clair qu’évoquer des faits historiques ou scientifiques revient à marcher sur des braises. Il est là le renoncement. Mais « l’école fait face comme elle peut » c’est la Une de La Croix.

 

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Et en photo, il y a cette collégienne qui tient un panneau : Pas de vagues. Pas de vagues, c’est la formule qui résume la frilosité face aux problèmes rencontrés par les profs. Les parents vous harcèlent ? Pas de vague. Tel élève manque un devoir sur table à cause d’une fête religieuse ? Pas de vague. Brigitte Macron l’écrit dans sa lettre publiée par le Parisien je le rappelle « être prof c’est être ambitieux pour eux et leur ouvrir les portes de l’esprit et de la connaissance », oui peut-être mais à condition de ne pas faire de vagues, voilà ce que nous dit en clair la jeune femme en photo à la une de la Croix avec sa pancarte.

 

Emmanuel Macron a déclaré en petit comité que « la République est bonne fille mais ne se laissera pas violer »

Je relis la lettre de Brigitte Macron qui écrit « être prof c’est développer leur esprit critique », l’esprit critique consiste aussi à ne pas se laisser emporter par tous ceux qui veulent -pardonnez-moi- faire tomber des têtes parce qu’il faut montrer que l’Etat ne fait pas rien. Le Canard Enchaîné raconte ce matin le coup de sang d’Emmanuel Macron qui déclarait vendredi « la peur doit changer de camp » et qui rapporte le Canard a remis ca en petit comité « l’ennemi est clairement identifié, il veut notre mort. Nous allons donc livrer un combat à mort. La République est bonne fille mais elle ne se laissera pas violer. Si nous ne prenons pas le sujet à bras le corps viendra le temps des milices ». Ou encore, « nous allons décapiter les organismes islamistes ».

 

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Alors on cherche les complices des complices des complices : dans Libération, c’est évidemment l’Observatoire de la laïcité qui est dans le collimateur de l’Etat, il faut du renouvellement, disent ceux qui lui reprochent d’avoir été trop complaisant avec le Conseil contre l’islamophobie en France. Qui veut tuer son chien dit qu’il a la rage. A la une des Echos et du Midi Libre, ce sont les réseaux sociaux qui sont remis en question. Et bien sûr ce sont les mosquées qui sont désormais montrée du doigt avec l’exemple de Pantin. Même la philosophe Elizabeth Badinter a les mots les plus belliqueux dans l’Express, où elle déclare que tout cela ne peut se régler dans le pacifisme. Vous l’aurez compris, la presse accompagne ce matin une perte généralisée de sang-froid. C’est normal à chaque fois que le sang a coulé.

David Abiker

 

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