Serment Samuel Paty : Jean-Pierre Raffarin demande que toutes les organisations, notamment religieuses, condamnent l’attentat

Jean-Pierre Raffarin était l’invité de Guillaume Durand ce lundi 19 octobre. L’ancien Premier ministre est revenu sur l’assassinat de Samuel Paty, estimant qu’il faut des actes politiques forts pour marquer une rupture. Parmi ces actes, il préconise un « serment Samuel Paty » pour avoir un consensus sur la condamnation de ces horreurs.

« Tous ceux qui refusent de condamner cette horreur en sont complices et n’ont pas leur place dans la République » selon Jean-Pierre Raffarin

Jean-Pierre Raffarin s’est exprimé sur l’assassinat de Samuel Paty vendredi 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine. Pour lui, cet attentat doit marquer un point de rupture dans la politique : « l’après Samuel Paty doit être différent de l’avant, il nous faut un changement de politique et des actes forts ». Des « actes forts », l’ancien Premier ministre en propose notamment deux. Le premier, il l’appelle le « serment Samuel Paty ». Selon lui, il y a une nécessité absolue à avoir un consensus sur la condamnation de cet attentat. Ce serment consterait donc à « demander à toutes les organisations, notamment religieuses de condamner cette horreur et tous ceux qui ne condamneront pas cette horreur sont expulsés ou fermés ». Pour Jean-Pierre Raffarin, « tous ceux qui refusent de condamner cette horreur en sont complices et n’ont pas leur place dans la république ». Derrière ce serment qu’il préconise, certaines associations musulmanes et certaines mosquées sont visées. Cela impliquerait leur fermeture.

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La deuxième initiative forte réclamée par l’ancien Premier ministre concerne les enseignants. Il estime qu’il faut leur « donner des éléments pédagogiques sur ce qu’est la liberté d’expression ». Le gouvernement doit soutenir les enseignants, les aider à préparer la rentrée du 2 novembre après cet événement. Selon Jean-Pierre Raffarin, « Il ne faut pas seulement aider le professeur d’histoire-géo qui dans sa formation a de éléments de réponse mais aussi le professeur de mathématiques car ils sont tous des professeurs de la République ».

Selon Jean-Pierre Raffarin, les musulmans de France doivent « réformer l’islam »

Guillaume Durand l’a ensuite interrogé sur une phrase d’Emmanuel Macron, prononcée en 2015 ou le ministre de l’Economie de l’époque affirmait que la « société française a une part de responsabilité » dans le terrorisme. Pour Jean-Pierre Raffarin, la part de responsabilité des forces politiques du passé est claire. Il a rappelé l’interdiction du voile dans les écoles, loi qu’il a fait votée en 2004. Pour lui, même s’il y a eu un consensus à l’Assemblée nationale, « cette loi a beaucoup divisée les médias et la société». Toutefois, Jean-Pierre Raffarin rappelle que nous « devons évoluer » et que l’assassinat de Samuel Paty nous oblige à « prendre acte de cette tragédie » et « doit nous faire changer la politique avec une extrême rigueur dans la lutte contre l’extrémisme ».

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Interrogé par Guillaume Durand sur le droit d’asile, l’ancien Premier ministre a dit que ce principe est à préserver, estimant que la France doit « pouvoir accueillir les victimes d’un manque de liberté ». Toutefois il a rappelé la « nécessité d’avoir des contrôles surtout lorsqu’on a des gens qui se revendiquent de l’islam et de l’islamisme ». Il est par ailleurs défini ces deux notions. Pour lui, « l’islamisme est une force politique contre la nôtre, que nous devons combattre ». Mais l’ancien Premier ministre estime également que l’islam doit être réformé : « les musulmans de France doivent veiller à rendre leur religion compatible avec la République ». Jean-Pierre Raffarin rappelle que le principe de laïcité en France tolère la religion mais impose qu’elle ne soit pas un projet politique. Ceci est pour lui « un principe innégociable de la République ».
Enfin, Guillaume Durand a demandé à l’ancien Premier ministre s’il pensait que la République devait acheter des avions pour expulser des personnes hors de France. Jean-Pierre Raffarin lui a répondu qu’il faut se « donner les moyens de l’expulsion ». Pour lui, on « ne peut accepter que cette sauvagerie bénéficie de quelques complicités, y compris de nature administrative ».

Antoine Mouly

 

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