Polémique autour d’une plaque commémorative : Arnaud Beltrame a-t-il été victime de son héroïsme ?

« Arnaud Beltrame victime de son héroïsme » c’est ce qu’on peut lire sur la plaque dressée dans le jardin qui porte son nom à Paris dans le 3e arrondissement de la capitale. Le panneau est installé depuis des semaines mais ce n’est que ces derniers jours qu’est remis en question le sens de ces mots Arnaud Beltrame.

 

Marine Le Pen trouve révoltante l’idée qu’Arnaud Beltrame ait été « victime de lui-même »

Arnaud Beltrame, colonel de gendarmerie a été assassiné lors de l’attentat terroriste du 23 mars 2018 à Trèbes. Victime de son héroïsme. Le Parisien et Libération reviennent ce matin sur cette formulation qui a par exemple choqué Marine Le Pen : « suggérer qu’Arnaud Beltrame a été victime de lui-même est révoltant. C’est le fondamentalisme islamiste qui l’a assassiné ». Aurore Bergé de LREM a une lecture comparable « S’il est mort en héros, il n’est en rien victime de son héroïsme ».

 

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Olivier Faure patron du PS a sur Twitter affirmé que « Arnaud Beltrame n’est pas victime de son héroïsme mais bien du fanatisme islamiste ». La mairie de Paris et Anne Hidalgo assurent que tout cela a été rédigé en accord avec la famille. N’empêche, on apprend dans le Figaro que l’adjointe à la maire de Paris en charge de la mémoire assure découvrir cette formulation qu’elle trouve assez malheureuse.

 

 

Le frère d’Arnaud Beltrame n’a pas le souvenir d’avoir été sollicité pour le texte de la plaque

Mais qui a rédigé cette plaque, que dit la famille ? Le Figaro explique que le texte d’abord été rédigé par la direction des affaires culturelles mais aurait ensuite fait l’objet de modifications pour respecter les volontés des proches du gendarmes. Joint par le Parisien, le frère du Colonel Beltrame ne veut pas entrer dans la polémique mais confie au Figaro qu’il n’a aucun souvenir d’avoir été sollicité. Il ajoute même qu’il pense que sa mère a découvert le libellé. Il aimerait pour sa part nommer les choses clairement et suggère « Ce serait mieux d’avoir Mort en combattant le terrorisme islamique ou bien victime du terrorisme islamiste ».

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Mais justement, si vous revenez à la lecture du Parisien, le journal vous rappelle qu’une première plaque en 2018 avait déclenché la polémique en Seine-Saint-Denis, sur cette plaque l’officier de gendarmerie « était mort en héros victime du terrorisme islamiste ». Ces mots avaient heurté les musulmans qui auraient préféré qu’on dise « Mort en héros victime du terrorisme ou de Daesh » histoire de laisser l’islam en dehors de tout cela. Délicat. Délicat et symptomatique, car ce qui pose problème dans ce texte c’est la transformation du héros en victime. Victime, ces deux syllabes sont partout dans l’actualité. Victime du covid, du climat, des guerres, du racisme, du sexisme, d’un accident de vélo, victime d’escroquerie, la victime domine l’actualité et le vocable médiatique ce qui n’a pas toujours été le cas. Voilà pourquoi ce mot contamine les esprits et les rédacteurs de plaque, voilà pourquoi son usage frénétique va jusqu’à provoquer les plus absurdes confusions jusqu’à banaliser les victimes tout en réduisant les actes exceptionnels des héros.

David Abiker

 

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