Séparatisme : « Emmanuel Macron a enfin sonné la mobilisation », selon Manuel Valls

L’ancien Premier ministre Manuel Valls était l’invité de Guillaume Durand ce lundi 5 octobre. Joint par téléphone, puisqu’il vit désormais en Espagne, il a jugé que le discours de vendredi d’Emmanuel Macron sur le séparatisme était « très clair », saluant la capacité du président de la République à « désigner l’adversaire, l’ennemi : l’islam radical ».

Coronavirus : Selon Manuel Valls, les débats et les polémiques sont les mêmes en Espagne et en France

Face à la Covid-19, les situations en France et en Espagne sont similaires, a souligné Manuel Valls. De chaque côté de la frontière, il y a des clusters, et un niveau de reprise de l’épidémie relativement important dans les grandes villes, notamment Madrid. Le candidat malheureux aux municipales à Barcelone pointe également les « polémiques et les débats politiques » liés à « des mesures difficiles et pas toujours compréhensibles ». Il explique ce phénomène par une « forme d’insouciance cet été », qui a laissé place à des mesures sanitaires renforcées qu’il a été « difficile d’imposer ».

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« Cette guerre contre l’islamisme sera longue et difficile » affirme Manuel Valls

Autre sujet abordé par Guillaume Durand, le discours d’Emmanuel Macron de vendredi dernier sur le séparatisme : « j’ai trouvé qu’il avait été très clair », a salué Manuel Valls. « Il a désigné clairement l’ennemi, l’islam radical », a-t-il poursuivi, ajoutant « il a posé un diagnostic complexe sur un sujet qui l’est (complexe NDR) : en évitant l’amalgame entre islam et islamisme, mais en disant qu’islam connaît une crise ». L’ancien premier ministre évoque un plan « puissant » qui touche les écoles et les associations, affirmant que « cette guerre contre l’islamisme, l’islam radical sera longue et difficile ».

 

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Manuel Valls explique cette difficulté par une « part non négligeable des Français musulmans qui considèrent que les voies de l’islam sont plus importantes que celles de la République, surtout chez les jeunes », et qu’il y a en France « plusieurs milliers de personnes radicalisées ». Il estime qu’Emmanuel Macron a « enfin sonné la mobilisation ». Pour autant, Manuel Valls, a remis en cause l’idée évoquée par Emmanuel Macron que certains quartiers pourraient être un « terreau » de l’islamisme radical. Il estime qu’expliquer le passage à l’acte par cette théorie est une thèse dangereuse car « il ne peut pas y avoir d’excuse au moindre acte terroriste ou à la violation de nos principes et valeurs ». Citant l’attentat de vendredi 25 septembre devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, Manuel Valls juge qu’il y a urgence à « agir ». Quel est l’avenir politique de Manuel Valls ? A la question soulevée par Guillaume Durand, l’ancien maire d’Evry explique vouloir « participer au débat », faisant valoir son expérience « d’ancien Premier ministre, et ancien ministre de l’Intérieur », tout en affirmant n’être à la recherche « d’aucune responsabilité, d’aucun poste ».

Béatrice Mouedine

 

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