Angela Merkel, Marine Le Pen : Les femmes et le pouvoir sont dans la Revue de Presse de Michel Grossiord

Chaque matin, Michel Grossiord décrypte l’actualité et vous partage sa Revue de Presse

 

La revue de presse… « Ich bin hier »…

Traduit de l’allemand, « Je suis là »…
Angela Merkel est là, toujours bien là, et souhaite qu’on s’en souvienne…
C’est ainsi que Le Monde traduit le sens du long entretien de la chancelière à la Süddeutsche Zeitung…
L’Elysée s’est mêlé de la traduction des paroles d’Angela Merkel. « Relation conflictuelle » a été jugé excessif, va pour « confrontations »…
C’est un coup de canif de plus dans le contrat du couple franco-allemand, constate Le Figaro : réforme de l’Europe, négociations commerciales, exportations d’armes, les désaccords s’étalent au grand jour…

Tout avait pourtant bien commencé dans le couple…

Il y a tout juste 2 ans, Angela Merkel accueillant le nouveau président français à la chancellerie avait cité l’écrivain Hermann Hesse : « Au début de toute chose il y a un charme… »
Où est passé le charme ? Envolé… Alors que la brouille est attisée par la « bataille de Strasbourg », titre Le Figaro (Berlin veut supprimer le siège du Parlement européen dans la capitale alsacienne, la dauphine de la chancelière, Annegret Kramp-Karrenbauer a sonné la charge).

Ah les femmes ! Les femmes et le pouvoir !

Un chercheur (Christian Lequesne, prof à Sciences Po) affirme dans Libération que « les femmes ont un rapport moins obsessionnel au pouvoir ». Il évoque en fait les ambassadrices, si peu nombreuses par rapport aux ambassadeurs.
C’est la Une de Libération pour plus de femmes ambassadrices : Diplomatie, les femmes restent à quai…)
Le chercheur juge que les femmes ambassadrices, sans être moins ambitieuses, semblent en général moins calculatrices que les hommes quant au déroulement de leur carrière… Or les postes échoient à ceux qui savent revendiquer, taper du poing sur la table…
Après avoir lu ces lignes, on tombe sur une interview de… Marine Le Pen dans Le Figaro… Elle espère constituer « un super groupe » à Strasbourg, mais elle aura des « hommes forts » en face d’elle, comme le montrent Le Point et L’Obs, qui consacrent leurs couvertures au ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini, « l’homme fort de l’Europe »…
Salvini, Orban, Bannon, Le Pen… comment ils espèrent diriger l’Europe, raconte Le Point.
Une Europe qui a déjà en partie basculé, souligne L’Obs pour qui une épidémie est en train de gagner le Vieux Continent (le populisme). Elle a atteint la Hongrie dès 2010, puis la Pologne, l’Autriche, et l’Italie l’été dernier… Régimes nationalistes et ultraconservateurs à tendance autoritaire, mais qui continuent de chercher leur légitimité dans les urnes…

Marine Le Pen et les élections : après les Européennes, la présidentielle en vue ?…

Va-t-elle passer le relais en 2022, ou se présenter une nouvelle fois ? Le Figaro lui pose la question sur son « envie », et s’attire cette réponse :
-Il faudrait en avoir l’envie en plus ? La politique n’est ni un jeu, ni un hobby. C’est une question de nécessité, de devoir. C’est une charge. Vous ne vivez que pour ça. Vous ne respirez que pour ça. Tout votre être n’est tendu que par un seul objectif… Quand on aime son pays et que la situation actuelle vous parait catastrophique, on n’écoute ni son confort, ni son envie…
Fin de citation de Marine Le Pen, sur le mode sacrificiel et providentiel…

Ah les femmes… Il en est question encore sous d’autres angles…

Une charge contre « la nouvelle terreur féministe », en couverture de Valeurs Actuelles qui parle même d’une nouvelle inquisition (parité, PMA, théorie du genre). Un néo féministe dénoncé comme identitaire et communautariste…
Un éloge… de la féminité par… Romain Gary, l’auteur de La Promesse de l’Aube fait son entrée dans la prestigieuse collection de la Pléiade…
On le retrouve à la Une du Figaro, dans La Croix qui salue l’intense modernité de Romain Gary et son œuvre qui n’aura cessé d’être anticipatrice.
L’écrivain, double prix Goncourt, fait aussi l’objet d’un numéro spécial du 1 (titré Le visionnaire) qui s’ouvre sur une interview de Romain Gary par Jacques Chancel : « Le sens profond de ma vie, ça a été deux amours… Un amour total du roman et de la littérature… Un amour de la féminité »
Romain Gary évoque la tendresse, la pitié, l’amour, la bonté, le pardon… et ne comprend pas les mouvements féministes (nous sommes en 1975 !) qui se réclament d’une sorte de masculinité, à part égale avec les hommes… Les femmes, disait-il, devraient au contraire se retrancher de plus en plus, et élaborer des valeurs féminines pour en féconder notre civilisation…

 

Michel Grossiord

 

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