Alice Coffin veut éliminer les hommes : « une forme d’apartheid », dénonce Marlène Schiappa

Marlène Schiappa, la ministre déléguée en charge de la citoyenneté était l’invitée de Bernard Poirette ce vendredi 9 octobre. Réagissant au livre publié par Alice Coffin, Le génie lesbien, dans lequel elle dit vouloir éliminer les hommes, elle a dénoncé « une forme d’apartheid », tout en affirmant ne pas cautionner « le harcèlement dont elle fait l’objet sur les réseaux sociaux ». Alice Coffin, élue EELV du 12ème, vient d’être débarquée de l’Institut catholique de Paris, où elle enseignait depuis 8 ans.

 

Féminisme : Marlène Schiappa explique avoir avec Alice Coffin une « divergence sur la solution proposée »

Alors que l’Organisation Mondiale du Commerce sera pour la première fois sous la responsabilité d’une femme (il y a deux candidates, la coréenne You Miun Hi et la nigériane Ngozi Okonjo Iweala), et qu’Odile Renaud-Basso sera la première femme à présider la BERD, la Banque européenne de reconstruction et de développement, Marlène Schiappa a estimé que c’était « la moindre des choses ». La ministre salue le fait qu’on « nomme des personnes pour leurs compétences, et qu’on découvre que des femmes peuvent avoir des talents, y compris dans des secteurs financiers réputés plus masculins ». Rejetant l’idée d’une discrimination positive, Marlène Schiappa affirme qu’il « ne faut pas de discrimination du tout ».

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Si le féminisme est un combat qu’elle partage avec Alice Coffin, Marlène Schiappa assure avoir « une divergence sur la solution proposée ». L’élue EELV, vient de publier Le génie lesbien, dans lequel elle écrit qu’elle ne lit plus de livres écrits par des hommes, et n’écoute plus de musique composée par eux, une manière « d’éliminer les hommes ». Marlène Schiappa dénonce dans cette idée « une forme d’apartheid », tout en martelant qu’elle ne cautionne pas « le harcèlement dont fait l’objet Alice Coffin sur les réseaux sociaux ». Autre conséquence pour la militante, elle vient d’être débarquée de l’Institut Catholique de Paris, où elle enseignait depuis 8 ans.

 

Le féminisme, ce n’est pas assigner les hommes à leur genre, explique Marlène Schiappa

C’est au fond la définition du féminisme qui est en jeu dans ce débat, et pour la ministre, « c’est demander que les femmes ne soient pas assignées à leur genre » et donc « ce n’est pas assigner les hommes à leur genre » et refuser de parler aux hommes. « C’est exactement ce qu’on reproche à certains hommes d’avoir fait pendant longtemps ! » a-t-elle lancée, comparant cette approche à « une forme d’apartheid », et expliquant « que le projet de la République, c’est de partager, femme et hommes, indifféremment, un même espace de travail, de discussion, de vie, de transport, de loisirs ».

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Autre débat d’actualité, le vote en première lecture de l’allongement du délai pour avoir accès à l’IVG, de 12 à 14 semaines de grossesse. Un débat qui doit aller « au-delà de l’allongement du délai », selon l’ancienne Secrétaire d’état à l’égalité femme homme, qui s’interroge : « pourquoi certaines femmes doivent attendre jusqu’à 14 semaines ? Parce qu’il y a un défaut de maillage territorial pour avoir un bon accès à l’IVG ». Pointant l’enjeu de l’accès géographique, elle plaide pour que les femmes puissent avoir rendez-vous avec leur gynécologue le plus tôt possible. Concernant la clause de conscience des médecins, Marlène Schiappa estime que « la clause de conscience simple suffit », celle qui est reconnue pour tout acte médical, et qu’il faut supprimer « la double clause de conscience pour l’IVG ».

Béatrice Mouedine

 

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