À la Une : le bac pris en otage, nuisances sonores animales, interdiction des cirques avec animaux sauvages, l’empreinte carbone de Pascal Lamy

Chaque matin, Michel Grossiord décrypte l’actualité et vous partage sa Revue de Presse

Ruraux contre urbains: le coq Maurice jugé pour nuisance sonore sur l’île d’Oléron

Un coq, des animaux de cirque, une vraie basse-cour ce matin, ou un zoo !
Si je vous dis Maurice ?
Maurice, vous connaissez ?
C’est le coq de l’île d’Oléron qui a valu à son propriétaire une convocation pour nuisance sonore devant le tribunal d’instance de Rochefort, « paisible sous-préfecture de Charente-Maritime », précise Libération.
Ouvrons Sud-Ouest qui demande à la Une en gros caractères : Faut-il faire taire nos campagnes ?
Le journal régional soupire : « Comme si la justice des hommes n’était pas déjà engorgée, voilà qu’elle se pique désormais de poursuivre les animaux dans ses prétoires… Le coq Maurice était jugé hier parmi une quarantaine d’autres prévenus coupables de loyers impayés ou de chantiers bâclés… »

On a hâte de connaître le jugement !

Rendez-vous le 5 septembre, le tribunal d’instance rendra sa décision après l’été pendant lequel Maurice pourra donc chanter.
Mais si pour l’avocat du coq, « cette affaire doit se régler à l’apéro, pas devant les tribunaux », ce procès illustre le clivage sur les bruits ruraux.
Sujet sérieux, souligne Le Monde.
Ruraux contre urbains dont certains ont déjà fait reboucher une mare à grenouilles en Dordogne ou dénoncent l’odeur de chevaux et de vaches dans le Lot et Garonne !

Interdiction des cirques avec animaux sauvages (fauves et éléphants) à Dijon

Une autre bataille se joue autour des animaux du cirque !

La ville de Dijon interdit les cirques avec animaux sauvages, annonce Le Bien Public.
Précision : la mesure vise les fauves et les éléphants, pas les animaux exotiques comme les chameaux, les zèbres ou les lamas…
Après Rennes, Strasbourg ou Besançon, la municipalité de Dijon a voté en faveur du vœu déposé par les élus Europe Ecologie Les Verts…
Un chiffre dans la presse qui fera bondir les écologistes qui cherchent à nous mettre la honte de prendre l’avion : un homme revendique 600.000 kilomètres parcourus chaque année en sillonnant la planète !

600.000 kilomètres, c’est plus de 10 fois le tour du monde, ça parait invraisemblable ! Qui est-ce ?

Pascal Lamy, ancien patron de l’OMC : 50 tonnes de CO2 à compenser avec 330 arbres à planter pour 600.000 kilomètres parcourus en avion chaque année

Pascal Lamy, l’ancien patron de l’Organisation mondiale du commerce… qui continue de défendre le libre-échange dans Le Parisien.
C’est le journal qui avance, en ajoutant un point d’exclamation, qu’il parcourt encore la planète, « 600.000 kilomètres par an ! »
Un zéro de trop, je ne sais pas, mais Pascal Lamy jure qu’il « compense son empreinte carbone »…
A ce niveau-là, selon nos calculs avec Baptiste Gaborit, notre spécialiste Environnement, Pascal Lamy doit compenser à peu près 50 tonnes de CO2 (juste pour ses déplacements), quand un Français rejette en moyenne 12 tonnes, mais pour tout (se chauffer, se nourrir, se déplacer…)
Il est donc censé, selon plusieurs sites de compensation carbone, planter 330 arbres, vous imaginez la forêt… alors que dans cette interview Pascal Lamy répond simplement à la question :
-Que peut faire le consommateur pour lutter contre le réchauffement ?
-Des sacrifices…

Le bon conseil !…

Le bon conseil de Pascal Lamy : baisser son niveau de vie et passer à la trottinette

« Des sacrifices. Malheureusement, ajoute Pascal Lamy, ceux qui sont prêts à baisser leur niveau de vie pour faire du bien à l’environnement sont très peu nombreux… Prenons le bœuf argentin, dit-il, les consommateurs doivent comprendre qu’une grande partie de l’empreinte carbone n’est pas issue de l’élevage ni du transport de la viande, mais du 4X4 qu’ils conduisent pour venir au supermarché.
Le mieux est de passer à la trottinette. »
Fin de citation. OK, bien reçu…

Pascal Lamy dit aussi que les cargos émettent très peu de CO2

Ce qui est troublant quand on lit la double page de Libération sur la vie des Niçois noircies par les ferries… (Nice, 3ème port urbain le plus pollué en soufre d’Europe, après Marseille et Le Havre).
D’après une ONG, 200 navires croisant près des côtes méditerranéennes (où les navires brûlent du fuel léger 1.500 fois plus polluant que le diesel) émettent autant d’oxyde de soufre que toutes les voitures d’Europe.

Le bac pris en otage par les enseignant grévistes

Le grand sujet du jour reste le bac bien sûr…

La grande incertitude des notes jusqu’au bout, à la Une de Ouest-France.
Si L’Humanité fait porter le bonnet d’âne à Jean-Michel Blanquer, La Montagne dénonce un « sabotage ». Manchettes à charge du Parisien (« Le chantage à la copie »), du Figaro (« Tollé contre ces enseignants qui prennent le bac en otage »)
« Consternant », écrit Laurence de Charrette : « Défendre le bac en commençant par le saboter, il fallait y penser… »
Pour Hervé Chabaud, de L’Union de Reims, l’attitude des profs grévistes est contraire à l’esprit républicain…
Des grévistes qualifiés de « rebelles de bac à sable », par Olivier Auguste

Michel Grossiord

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