À la Une : « Hommard m’a tuer » – les agapes de François de Rugy, présentation du projet de loi gaspillage, canicule

Chaque matin, Michel Grossiord décrypte l’actualité et vous partage sa Revue de Presse

Pot à Matignon avec les parlementaires : à la table de la République !

Si je vous dis mini-croque-monsieur, hamburgers, jambon de parme et rosé, Renaud ?

Ce n’est pas une invitation à la table de la République, ça, mais à votre garden-party de l’été !

Journée barbecue ?

Eh bien non, même si ça pourrait…

Mais mini-croque-monsieur, hamburgers, jambon de parme et rosé, c’est ce que le premier ministre a servi lundi soir lors du pot à Matignon avec les parlementaires.
« Pas de buffet luxuriant, rien de fastueux », observe L’Opinion.

Pour le luxe, le faste… il faut donc plutôt voir du côté de l’hôtel de Lassay, la résidence du président de l’Assemblée nationale…

Attention, pas l’actuel ! L’actuel occupant du Perchoir, Richard Ferrand, breton d’origine dont la famille n’habite pas à Paris, évoque (dans Libération) « la vie de couvent » qui serait la sienne dans sa résidence officielle…

En revanche, François et Séverine de Rugy savaient vivre : Fastueux frais de bouche, vertigineuses agapes…

Un point tout de suite, une note de désespoir d’une consœur ! Cécile Cornudet, des Echos, a une hantise : alimenter le sentiment du « tous pourris » qui fait tanguer la démocratie. Alors elle implore les politiques d’ « aider » les journalistes en ne commettant plus ce genre de dérapage désespérant.

Dans la série dérapage, on apprend (dans Le Monde) que 15 parlementaires de la précédente législature sont dans le viseur du Parquet national financier pour détournement de fonds publics.

Cela fait suite à un signalement fin 2018 d’un signalement de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

Mais le dérapage qui fait bien sûr réagir avec vigueur, c’est l’affaire « Homard m’a tuer », selon la formule qui a connu un grand succès hier sur les réseaux sociaux.

« Homard m’a tuer » : C’est un feu nourri contre François de Rugy

Le voici traité de zigoto par Le Courrier picard : « Rugy qualifie les soirées de dîners de travail, il arrive même à le dire sans rigoler ».

« Il est vrai qu’un président de l’Assemblée nationale court le risque de perdre le sens du réel, et ce serait vraiment dommage », ironise L’Union. « Le remède ? Quelques homards, du Mouton Rothschild, une bande de potes et un escadron de laquais, qui vous replongent tout de suite dans la vraie vie avec les vrais gens. »

De La Nouvelle République au Républicain lorrain, de Sud-Ouest à L’Alsace, la presse régionale réagit le plus vivement et ne ménage pas François de Rugy, rappelle d’autres dépenses contestées (appareil à raclette, vélo elliptique pour garder la ligne… Package !)

Mais une question ! Qui a raconté tout cela, en allant jusqu’à diffuser des photos ?

Qui ? Vous avez la réponse ?

J’ai une réponse.
D’ailleurs, c’est l’entourage de Rugy qui est cité par Libération.

Vengeance personnelle d’une proche de l’épouse du ministre, Séverine de Rugy

L’affaire prendrait sa source dans « la vengeance personnelle d’une proche de l’épouse du ministre, qui a été invitée mais pas réinvitée »…

La vexation de ne pas être invité ou réinvité fait souvent des ravages…

Impair de Séverine de Rugy qui a droit à un traitement particulier dans Les Dernières nouvelles d’Alsace, journal dans lequel on lit que cette journaliste lettrée et fantasque qui exerce à Gala est parfois appelée « lady Gala ». Une fantaisie qui peut être bienvenue dans le journalisme people ; beaucoup moins dans les palais de la République, observent Les DNA.

Les révélations de Médiapart ont pollué la présentation du projet de loi gaspillage…

Présentation du projet de loi gaspillage et nouvelles alertes pour l’environnement

Signe de la gêne présidentielle, François de Rugy est resté confiné 30 minutes à l’Elysée à l’issue du conseil des ministre, rapporte Le Monde.

La sobriété, un mode de consommation plus vertueux sont enarrière-plan de ce texte qui parvient néanmoins ce matin à se hisser à la Une des journaux (la consigne reprend de la bouteille, la guerre au gaspi…)

Mais à la Une aussi ce matin, de nouvelles alertes pour l’environnement…

 

Canicule: L’eau du littoral provençal a atteint 35°

La Provence : La mer, qu’on voit bouillir…

Du jamais vu début juillet : avec la canicule, l’eau du littoral provençal atteint des sommets (jusqu’à 35° dans le Var). Les scientifiques s’inquiètent de la prolifération dans cette « soupe tiédasse » d’espèces exotiques au détriment de la faune et de la flore locales. L’édito de La Provence est titré « Un barracuda dans le caleçon ».

Les scientifiques alertent dans Le Télégramme sur l’impact du réchauffement climatique de la flore en surface : certaines espèces se déplacent ou disparaissent, d’autres s’adaptent… La flore est soumise à rude épreuve.

Des volontaires arrachent à Roscoff les griffes de sorcières qui s’accrochent aux rochers…

Michel Grossiord

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