À la Une : relaxe de Bernard Tapie, match Villani-Griveaux, remboursement de l’homéopathie, taxe sur les billets d’avion

Chaque matin, Michel Grossiord décrypte l’actualité et vous partage sa Revue de Presse

Rationalité… Est-ce le nouveau maître-mot du gouvernement ?

Cela se pourrait bien…

Plusieurs exemples glissés à Matignon, où l’on dit « ce gouvernement est celui de la rationalité », rapporte Le Monde.

-La baisse de la vitesse à 80 kilomètres heure. Décision controversée, à la portée d’ailleurs amoindrie avec les concessions faites aux présidents de départements.

Mais un an après l’entrée en vigueur de la mesure, 206 vies auraient été sauvées, lit-on dans Le Figaro. Estimation du ministère de l’Intérieur qui estime que le résultat aurait pu être meilleur sans la destruction systématique des radars.

Rationalité aussi dans le domaine de la santé, avec les vaccins obligatoires (passés de 3 à 11) et aujourd’hui la confirmation que l’homéopathie va cesser à terme d’être remboursée.

Agnès Buzin, ministre de la Santé, annonce la fin du remboursement des médicaments homéopathiques

La ministre de la Santé l’annonce dans Le Parisien.

On savait qu’elle suivrait l’avis de la Haute Autorité de santé, qui estime que l’efficacité des médicaments homéopathiques n’est pas scientifiquement prouvée.

Agnès Buzyn a fait pression sur Emmanuel Macron, avance Le Canard Enchaîné, mettant sa démission dans la balance… « Si je suis démentie, c’est toute ma crédibilité scientifique qui sera mis en cause. Et cela, je ne peux l’accepter ».

La ministre de la Santé a donc pesé de son poids de médecin pour emporter la décision : « la balance a finalement penché du côté scientifique », souligne Le Monde.

Mais sa crédibilité politique était aussi en jeu…

Cette décision est aussi pour Agnès Buzyn une « victoire politique », analyse Le Figaro : après un début d’été compliqué sur fond de canicule précoce et de crise des urgences, la voilà relégitimée pour se concentrer sur ses chantiers à venir, dossiers ô combien explosifs. La réforme des retraites. Puis la très sensible révision des lois éthiques, la fin de vie et la PMA pour toutes.

Mais l’homéopathie est aussi un sujet sensible, car les petits granules blancs sont très populaires…

Oui, et la décision gouvernementale ne va pas mettre un terme à la longue passe d’armes entre tenants et adversaires de cette « médecine alternative et complémentaire » qui pour Agnès Buzyn a l’efficacité d’un placebo. Elle ne va pas jusqu’à évoquer un attrape-nigaud comme certains adversaires de cette médecine d’accompagnement !

120.000 médecins ont déjà prescrit au moins une fois un médicament homéopathique.

72% des Français croient en leurs bienfaits, selon un sondage paru en janvier que rappellent Les Echos.

S’agit-il d’obscurantisme ?

La France est le pays des pro-homéopathie et… des anti-vaccins !

L’Express enquête cette semaine sur les nouveaux obscurantismes : aveuglés par leurs croyances, il font fi de la science… Le phénomène est mondial, mais la France de Descartes n’y échappe pas.

Alors, retour de l’obscurantisme ?

Alexandre Moatti, polytechnicien, ingénieur des Mines et historien, préfère les termes d’alterscience voire d’antiscience, lorsque les résultats de la science se trouvent niés au nom d’une idéologie ou d’une croyance personnelle.

Outre Agnès Buzyn, d’autres ministres en vedette ce matin…

Jean-Michel Blanquer, qui pour l’année prochaine, c’est promis… « apprend la notation synchronisée ».

Manchette du Canard Enchaîné au sujet du Bac 2019, un festival de perles pour Le Républicain lorrain.

Le ministre de l’Education nationale, comme la ministre de la Santé, qualifiés de « ministres sous protection » par Cécile Cornudet des Echos : l’un et l’autre ont reçu le soutien du Chef de l’Etat pour la réussite de son acte II.

La ministre des Transports a pris moins de risques en annonçant hier la création d’une nouvelle taxe sur les billets d’avion

Son argument : le « sentiment d’injustice » qui s’exprime depuis des mois chez nos concitoyens sur la fiscalité du transport aérien.
Facile, ironise à demi-mot L’Opinion : ce « sentiment d’injustice » avancé par Elisabeth Borne, fait de l’éco-contribution une mesure politiquement peu risquée.
Le « sentiment » des Français devrait encore être évoqué pour justifier de nouvelles taxes : le gouvernement compte sur son joker, la « convention citoyenne », groupe de 150 Français tirés au sort dont Emmanuel Macron a annoncé la création au sortir du grand débat.

 

Le titre à la Une des Echos peut sembler paradoxal : « Le gouvernement va taxer les billets d’avion pour financer le train et la route ».

Paradoxal ?

Pourquoi la taxe sur les billets d’avion ne sert pas à financer les recherches pour rendre l’avion moins polluants, font observer les professionnels du secteur, alors que Le Figaro Economie dénonce « ce mal français de vouloir tout résoudre par l’impôt… »

Marc Landré se fait… médecin lui aussi, voyant 2 maladies dont finissent par souffrir tous les présidents de la République.

Taxes et commission: les maux des présidents de la République

La première affection consiste à créer une commission pour enterrer un problème… (la pratique a cours même si le ménage est annoncé dans les commissions Théodule).

Le deuxième mal dont souffre tout président en exercice est de créer une taxe : pas moins de 31 nouveaux prélèvements ont vu le jour sous Nicolas Sarkozy, 9 prélèvements en moyenne par an créés par François Hollande, Emmanuel Macron a ralenti la cadence, mais il a approuvé une dizaine de nouveaux prélèvements.

Souvent, comme la taxe soda sur les boissons sucrées, il s’agit de changer les comportements (Ah, la fameuse vertu de l’impôt)… Variante désormais : la taxe bonne pour la planète même si, pour notre confrère du Figaro Economie, « l’écologie a bon dos »… comme avec la taxe trop méconnue sur l’exploration des gîtes géothermiques à haute température…

Michel Grossiord

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