La vodka russe Beluga contourne les sanctions européennes

Alexei Danichev/SPUTNIK/SIPA

Depuis un an, toute importation de vodka russe dans l’Union européenne est illégale. Frappée par les sanctions, le breuvage est censé avoir disparu de nos rayons. Mais cela pourrait changer dans les mois qui viennent. En effet, Beluga, une des références de la vodka venue de Sibérie, a décidé de s’implanter au Monténégro.

Le Monténégro est candidat à l’Union européenne et applique les sanctions contre Moscou. Alors, une entreprise russe qui s’implante au Monténégro peut paraître logique. Le pays est une destination de vacances très appréciée des fortunes moscovites et accueille à bras ouverts les capitaux russes depuis plus de 20 ans, explique l’économiste spécialiste de la Russie, Julien Vercueil : « Le niveau de vie du Monténégro dépend en partie de cette manne soit touristique, soit d’investissements immobiliers que lui procure sa proximité culturelle et historique avec la Russie ».

Cette installation de Béluga au Monténégro interroge. Le pays applique les sanctions contre Moscou, mais aucune ne vise les dirigeants de la marque de vodka. A priori, il n’y a rien d’illégal, mais en cas de contournement avéré des restrictions européennes, la Commission pourrait sévir. « La priorité du Monténégro, c’est sa candidature à l’Union européenne et si sa politique se durcit vis-à-vis de l’application des sanctions, le pays sera obligé de faire très rapidement le ménage » affirme Julien Vercueil.

Beluga veut produire à terme 30 millions de bouteilles par an au Monténégro

Si la marque cherche des clients à l’étranger, c’est aussi le signe d’une mauvaise santé de l’économie russe avance l’économiste Renaud Foucart : « Si au final le concept est que ça emmène les entreprises russes à quitter la Russie pour créer de l’emploi, créer de la production dans l’Union européenne, ça me paraît être un signe que les sanctions fonctionnent bien ». Beluga veut produire à terme 30 millions de bouteilles par an au Monténégro, pour un chiffre d’affaires d’un demi-milliard d’euros.

Eric Kuoch

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