Le ministre de la Fonction publique Stanislas Guerini a annoncé lundi 12 juin une hausse sensible de la rémunération des fonctionnaires : le point d’indice, qui sert de calcul au traitement des agents de l’Etat va voir sa valeur augmenter de 1,5% au 1er juillet. Cela concerne également les personnels des collectivités territoriales et des hôpitaux.
Augmentation générale, mesure spécifique pour les bas salaires, versement d’une prime pouvoir d’achat, : le gouvernement a annoncé hier une hausse sensible de la rémunération des fonctionnaires.
Sur le papier, l’effort consenti pour soutenir le pouvoir d’achat des quelque 5,7 millions de fonctionnaires est effectivement significatif. Il représente 6 à 7 milliards d’euros de charges supplémentaires en année pleine pour l’Etat.
L’augmentation des salaires des fonctionnaires répond à une double nécessité pour le gouvernement
Au moment où le gouvernement jure la main sur le cœur qu’il a mis fin au quoi qu’il en coûte, ce surcroît de dépenses peut paraître incompréhensible. Il répond en fait à une double nécessité.
La première, c’est qu’en période d’inflation, l’Etat employeur doit mettre la main à la poche s’il ne veut pas se retrouver dans la situation du gouvernement britannique en butte à des grèves salariales à répétition qui désorganisent les services publics et le pays depuis de longs mois. Il achète ainsi une forme de paix sociale.
Les missions de l’Etat doivent être remises à plat
La seconde raison, c’est que la chasse au mammouth est terminée. La priorité pour l’Etat n’est plus de réduire les effectifs de la fonction publique, mais de renforcer son attractivité, au contraire. C’est indispensable pour stopper l’hémorragie de talents dans les hôpitaux par exemple et attirer des candidats de valeur dans l’Education, la justice ou les forces armées.
Le problème, c’est qu’au lieu de réserver cette politique aux seules missions régaliennes, le gouvernement l’applique à l’ensemble de la fonction publique. Ce qui fait enfler la facture totale et limite les marges de manœuvre là où elle est le plus nécessaire.
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Si nous voulons rebâtir une administration digne de ce nom sans dégrader encore un peu plus les comptes publics, nous ne pourrons pas faire l’économie d’une remise à plat des missions de l’Etat. Mais ce débat courageux n’est manifestement pas à l’ordre du jour.