Alors que les rayons des supermarchés sont remplis de chocolat sous toutes ses formes, la chaîne de production du cacao subit en coulisse quelques soubresauts.
Il y a des matières premières dont le prix flambe, et le cacao appartient incontestablement à cette catégorie. La fève de cacaotier suivait depuis longtemps une tendance de croissance régulière mais progressive. Entre le début des années 2000 et 2024, le prix avait lentement mais sûrement triplé en passant de 1.000 à 3.000 dollars la tonne. Mais cette augmentation a subi depuis une incroyable accélération. Avec un passage de 7.000 dollars début mars à 10.000 à la fin du mois, le cacao a désormais plus de valeur que le cuivre.
Pour les matières premières, les prix flambent lorsqu’on enregistre un fort déséquilibre entre l’offre et la demande. Ce qui est en bonne voie, cette année, d’être le cas pour la troisième année de suite. La consommation grimpe car le monde s’enrichit et devient de plus en plus gourmand, mais dans le même temps la production chute et les stocks dans lesquels on a puisé ont reculé. Mécaniquement, donc, les prix grimpent.
L’Afrique de l’Ouest représente 60% de la production mondiale
La production chute essentiellement pour des raisons climatiques. La météo est moins bonne, notamment à cause de ce que l’on appelle « l’effet El Niño », et cela impacte la production et favorise le développement de certaines maladies, particulièrement en Côte d’Ivoire et au Ghana qui sont les deux premiers producteurs de la planète. Etant donné que l’Afrique de l’Ouest représente 60% de la production mondiale, un coup de froid là-bas c’est un coup de chaud sur le marché du cacao.
Il faut cependant rassurer les consommateurs. Il y a un décalage, sur le marché du chocolat, entre le cours de la fève de cacao et le prix des lapins ou des œufs en chocolat car les tablettes que l’on achète aujourd’hui ont été faites avec du cacao acheté il y a un an. Cette année, les prix grimpent donc mais ne flambent pas, mais dans un an, le cacao risque de coûter plus cher.
Les producteurs Sud-Américains sortent gagnants
Mais le prix de la fève ne représente qu’une partie du coût final des produits chocolatés que l’on achète en magasin. Et les grands industriels du chocolat savent acheter pour se couvrir contre la spéculation. Pour les PME ou les artisans, ça sera sans doute plus dur à gérer, et pour les paysans producteurs, tous ne sont pas logés à la même enseigne.
En Afrique de l’Ouest, les prix sont encadrés par les Etats qui achètent autour de 2.000 dollars la tonne, quel que soit le cours mondial. Les paysans sont ainsi protégés de la volatilité des cours mais ils ne bénéficient pas des hausses. En revanche, en Amérique du Sud, qui est la région où la production progresse le plus, les prix d’achat de la production suivent l’évolution des cours.
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Cela veut dire que cette année, les producteurs brésiliens, équatoriens ou péruviens vont gagner beaucoup plus, ce qui pourrait leur permettre d’investir davantage dans la production. Si l’offre finit par être supérieure à la demande, les prix finiront par rechuter.
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