Donald Trump et Xi Jinping se sont rencontrés, ce jeudi, à Busan, en Corée du Sud, pour parler des relations commerciales entre les deux puissances mondiales. En parallèle, le débat sur le budget français ne cesse de poser des problèmes. Invité de la matinale, Jean-Marc Daniel, économiste et professeur à l’ESCP Business School, apporte une analyse de la situation internationale et nationale.
« Sur le plan économique, l’annonce majeure de Donald Trump, c’est la réduction des droits de douane sur les produits chinois », explique Jean-Marc Daniel. Une décision que certains interprètent comme un geste d’apaisement envers Pékin. Mais selon l’économiste, il s’agit surtout d’un calcul politique : « quand on regarde dans les détails, c’est surtout un constat fait par Donald Trump que les gens qui paient les droits de douane, ce sont ses électeurs. » Il rappelle que, selon l’économiste Nicolas Gregory Mankiw, les taxes douanières n’affectent pas « de façon homogène » la population américaine. « Les droits de douane sur les produits européens touchent l’électorat des centres-villes, c’est-à-dire les gens qui ont voté démocrate. Et les gens qui paient les droits de douane sur la Chine, ce sont les MAGA, soit une classe moyenne inférieure qui va dans les grands magasins américains, où la plupart des produits de consommation courante arrivent de Chine, comme Walmart », souligne-t-il.
Face à la rivalité sino-américaine, Jean-Marc Daniel plaide pour une stratégie de diversification commerciale en Europe : « il faut aller vers d’autres pays, vers du libre-échange, vers d’autres zones, notamment les zones où il y a de la jeunesse et où il y a de la croissance potentielle. Les trois pays avec la plus forte croissance en ce moment sont l’Inde, l’Indonésie et accessoirement la Chine […]. De même avec le Mercosur qui a des fournisseurs et des clients potentiels aussi. » Selon lui, refuser systématiquement les accords libre-échange, notamment pour protéger une partie de l’agriculture, revient à se priver d’importants partenaires économiques et de débouchés potentiels.
Un débat enfermé en France
Sur le plan national, Jean-Marc Daniel déplore que le débat économique se résume trop souvent à une obsession pour la fiscalité. « Tout est focalisé sur la fiscalité. Il y a un besoin de nos responsables politiques de s’intéresser à la fiscalité et assez peu aux dépenses. D’ailleurs, François Bayrou disait avoir fait 40 milliards d’économies, mais la dépense publique de cette année est passée de 1 696 milliards à 1 725 milliards pour l’année prochaine… Il y a un problème de soustraction de l’arithmétique élémentaire », ironise-t-il.
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Il note également que le discours politique se concentre désormais sur deux thèmes récurrents : l’immigration et la taxation des riches. Deux cibles qu’il juge pourtant essentielles à la vitalité économique du pays : « Les riches préparent l’avenir en investissant […]. Quant aux immigrés, vu notre situation démographique, on ne peut pas se permettre de ne pas faire venir de la jeunesse pour remplir les emplois. Notre société vieillissante n’est plus capable d’assumer le futur. »
Daphnée Cataldo
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