Droits de Douane : « Ça va avoir un impact négatif sur la croissance française et nos objectifs vont devoir être revus à la baisse » alerte François Ecalle

Crédit : REVELLI-BEAUMONT NICOLO/SIPA

Les droits de douane de Donald Trump visant plusieurs dizaines de pays entrent en vigueur ce jeudi. Cette mesure intervient à quelques semaines de la mise en œuvre du plan de François Bayrou visant à rééquilibrer les comptes publics. Invité de la matinale, François Ecalle, fondateur du site Fipeco, analyse les conséquences des nouveaux droits de douane sur le redressement de la dette française.

« Il est minuit !!! Des milliards de dollars de droits de douane affluent maintenant vers les États-Unis d’Amérique », a déclaré le président Américain Donald Trump sur son réseau Truth Social quelques minutes après l’entrée en vigueur des droits de douane dans une dizaine de pays. Après un accord passé entre Ursula Von der Leyen et Donald Trump, l’Europe se voit imposer 15% de surtaxes.

François Ecalle, fondateur du site Fipeco (Finance Publique et économique) tire la sonnette d’alarme : « C’est une mauvaise nouvelle pour le monde entier, à commencer par les consommateurs américains qui vont sentir le poids de ces droits de douane. Mais c’est surtout une mauvaise nouvelle pour la France qui risque de moins exporter et ça va avoir des conséquences sur la production en France. »

Le 15 juillet dernier, François a présenté un plan pluriannuel pour rééquilibrer les comptes publics avec l’objectif de ramener le déficit à 4,6% du PIB. Pour le fondateur du site Fipeco, il faut revoir ces objectifs : « On vient d’avoir une bonne nouvelle, l’INSEE a publié les résultats pour le deuxième trimestre où on a réussi à gagner 0,3% de croissance. Mais ces droits de douanes vont assurément avoir un impact négatif sur la croissance française. Il est donc nécessaire de revoir nos objectifs à la baisse parce qu’après cette annonce, les signaux ne sont pas très bons. »

Transparence budgétaire : François Bayrou se lance sur Youtube

Le premier ministre François Bayrou a lancé ce mardi son podcast et ses vidéos YouTube pour expliquer aux Français son plan d’économies de 44 milliards d’euros pour le budget 2026.

Pour François Ecalle, c’était le dernier moment pour agir : « Le projet de loi de finance doit être déposé au parlement d’ici fin septembre, il doit être aussi envoyé au conseil des finances public, donc ça va aller très vite. C’est toujours positif de faire un peu de pédagogie, s’il veut en faire. Ce n’est juste pas le bon timing en plein milieu du mois d’août, mais d’un autre côté, il n’a pas d’autre choix que de le faire maintenant ! »

D’après lui, ce sera aussi l’occasion de clarifier les zones d’ombre du plan Stop à la dette : « François Bayrou annonce une hausse des impôts sur les hauts revenus, il y aura aussi probablement la poursuite de la contribution exceptionnelle qui avait déjà été annoncée pour cette année à hauteur de 2 milliards. Sauf que pour l’ensemble du projet, il annonce 4 milliards, ce qui laisse 2 milliards dont on ignore la provenance. Il y a aussi une réduction de dépense fiscale de 4 ou 5 milliards, mais on ne sait pas encore de quelles dépenses fiscales il s’agit, donc le premier ministre a encore pas mal de choses à préciser. »

Objectif : Zéro fraude sociale

Parmi ses différents projets pour rééquilibrer les comptes publics, François Bayrou a également évoqué la lutte contre la fraude sociale. Débiter le compte bancaire d’un fraudeur, géolocaliser les transports sanitaires, chasser les arrêts maladie non justifiés : voilà les grands axes de ce projet présenté par la ministre du Travail Catherine Vautrin dans un entretien publié dans Le Parisien.

François Ecalle se montre sceptique quant à l’impact réel de ces mesures : « Le premier problème est que le montant de la fraude sociale est calculé à 13 milliards. Mais ce n’est qu’une estimation approximative qui mélange fraude intentionnelle, erreurs et omissions. Ensuite, les propositions de Catherine Vautrin ne sont pas révolutionnaires. Il s’agit d’un ensemble de mesures techniques qui ne vont pas générer des centaines de millions d’économies. »

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Pour le fondateur du site Fipeco, intensifier le durcissement des mesures ne va pas forcément permettre à la France d’atteindre son objectif plus rapidement : « Il faut faire attention car il n’est jamais très bon de viser un objectif de déficit public coûte que coûte. Si on met trop de temps à l’atteindre, l’activité pourrait ralentir trop fortement. Donc n’avoir que cet objectif en tête va être contre-productif.»

Alessandra Wyak 

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