« Il est temps de redresser les comptes publics » plaide sans relâche l’ancien magistrat à la Cour des Comptes, François Ecalle. Auteur de Mécomptes publics, aux éditions Odile Jacob, il déplore le manque de réforme dans les finances publiques. Invité de la matinale de Radio Classique, il s’alarme sur la crise budgétaire française.
Le Premier ministre François Bayrou a annoncé que le pays est « au bord du surendettement » à la suite de la conférence sur les finances publiques le 15 avril. C’est pourquoi, en 2026, la France va devoir faire 40 à 50 milliards d’euros d’économies supplémentaires pour faire passer le déficit sous la barre des 5 % du PIB et rassurer les créanciers de la dette.
« Le gouvernement dit bien que les 40 milliards à trouver ce n’est que le début » précise François Ecalle. L’ancien magistrat à la Cour des Comptes, se projette sur les années à venir : « Si l’on veut stabiliser la dette publique il faudrait trouver 120 milliards d’euros ! » Pour rembourser cette somme il faudra chaque année pendant 5 ans trouver 30 à 40 milliards euros.
La réforme des retraites est essentielle
« Pour arriver à faire cet effort colossal il faut jouer sur tous les tableaux. Il faut faire des petites économies mais ça ne suffira, on ne peut pas juste ralentir le train de vie de l’état et supprimer quelques agences. On va être obligé de toucher aux dépenses sociales » explique le président de l’association Finances publiques.
Une solution commence à se dessiner : « Il y a une réforme très importante qui est aujourd’hui sur la sellette, c’est celle des retraites. » Elle incite les Français à travailler plus longtemps, souligne François Ecalle et c’est essentiel car « On a besoin d’avoir un taux d’emploi plus élevé ».
Prendre exemple sur la Grèce, l’Espagne et le Portugal
Actuellement la France reste le pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) qui a les dépenses publiques les plus élevées. Elle y a consacré 57% de son PIB en 2023. Pour pallier la crise budgétaire française il faudrait s’inspirer de nos voisins selon l’auteur : « Les pays méditerranéens ont connu une crise économique en 2012. Les créanciers ont commencé à avoir peur qu’ils ne remboursent pas leur dette, alors la Banque centrale européenne est intervenue pour leur imposer des réformes. »
Cela s’est traduit par la baisse des retraites et des salaires chez les fonctionnaires ou encore des licenciements dans la fonction publique. « Sur le moment il y a eu des effets négatifs, comme la récession et le chômage a augmenté mais progressivement la situation s’est améliorée et aujourd’hui ils peuvent repartir sur de meilleures bases » ajoute-t-il.
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L’objectif pour 2026 est clair, il faut que la France rééquilibre ses finances. François Ecalle s’alarme sur les conséquences d’une potentielle inaction : « Si on n’agit pas et que la dette publique française continue d’augmenter jusqu’à ce que l’on connaisse une crise comme les pays méditerranéens en 2012, à ce moment-là, nécessité fera loi. »
Alessandra Wyak
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