La réforme des retraites « est absolument nécessaire pour les Français » selon le président du Medef Patrick Martin

OLIVIER JUSZCZAK/SIPA

Lors de sa déclaration de politique générale, Sébastien Lecornu a annoncé la suspension de la réforme des retraites de 2023. Une décision qui réjouit les membres du Parti socialiste (PS), décidant de ne pas voter la censure à l’encontre du Premier ministre reconduit, au désarroi d’autres partis politiques. Invité de la matinale, Patrick Martin, président du Medef (Mouvement des entreprises de France), partage sa vision quant à cette décision, la réforme des retraites et la place du PS dans le paysage politique.

Pour le patron des entreprises françaises, la décision du Premier ministre illustre bien l’instabilité politique de ces derniers mois : « ça ressemble étonnamment à ce qui se passe dans certaines entreprises déstabilisées par un actionnaire très habile, et qui use de toutes les ficelles en définitive pour imposer ses vues », explique-t-il, visant sans le nommer Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste. Il poursuit : « c’est quand même assez extraordinaire que le Parti socialiste impose de détricoter, y compris une réforme, je parle de la réforme Touraine, votée en 2013 par des socialistes. On est dans un monde parallèle. »

Derrière ces mots, une inquiétude plus large : celle du déclassement économique de la France. Patrick Martin juge que notre pays prend le chemin inverse des autres puissances économiques : « la conjoncture n’est pas bonne. La compétition internationale devient d’une brutalité incroyable et la France fait et va faire encore plus exactement l’inverse de ce que le monde entier fait. » Selon lui, la question des retraites n’est pas seulement sociale, mais avant tout économique et stratégique : « Les retraites, c’est 14 % du produit intérieur brut. Tous les pays autour de nous sont à 67 ans, voire au-delà. La France est un monde à part… J’invite nos décideurs politiques à se rendre le plus possible à l’étranger. […] Cette affaire de retraite va contribuer au déclassement du pays. On a besoin de produire de la richesse, mais on fait exactement l’inverse. »

La réforme « idéale » à trois régimes

Face à un système qu’il estime trop complexe et inégalitaire, Patrick Martin défend une vision plus structurée : « La réforme idéale, si elle existe, aurait trois régimes : le public, les indépendants et les salariés. » Un schéma simplifié qui, selon lui, permettrait de rendre le système plus lisible et plus soutenable à long terme.

A lire aussi

 

Mais le président du Medef prévient, l’abandon de la réforme Touraine et de la réforme Borne aura des conséquences budgétaires considérables : « si vous bloquez ces réformes, ce seront dès 2026, et encore plus en 2027, des milliards d’euros qu’il faudra aller chercher ailleurs. […] La France va s’appauvrir. »

Daphnée Cataldo

Retrouvez tous les articles liés à l’actualité économique