Le président de la CPME souhaite que « la politique économique du nouveau gouvernement soit pro-entreprise »

ANTONIN LOUIS/SIPA

A peine nommé Premier ministre, Sébastien Lecornu doit composer son gouvernement et tracer une ligne politique capable de répondre à la situation économique fragile en France. Invité de la matinale, Amir Reza-Tofighi, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), livre ses attentes.

« Aujourd’hui se battre pour les entreprises, c’est défendre les salariés qui travaillent dans les entreprises et le tissu économique sur les territoires », déclare Amir Reza-Tofighi. Face à l’incertitude politique et budgétaire, il insiste : « ce que je demande à notre gouvernement, c’est d’avoir une vraie politique pro-business. » Le président de la CPME remet les choses en perspective : « dans un moment grave pour notre économie, je demande aux hommes et femmes politiques de trouver des compromis et d’être conscient que nos entreprises ont besoin d’être soutenues. […] défendre les entreprises, c’est défendre les salariés qui travaillent dedans. »

L’invité ne cache pas ses craintes concernant « les compromis budgétaires qui risquent de se faire sur le dos des entreprises. En début d’année, on a vu que tous les efforts ont été demandés aux entreprises. Maintenant, il y a une grogne parce que les salaires n’augmentent plus dans les entreprises, que les chefs d’entreprise en ont marre. […] quand on attaque l’entreprise, on attaque la France. »

Le travail, une notion au cœur de ses valeurs

Si Amir Reza-Tofighi reconnaît le mécontentement croissant face à une pression fiscale élevée et à un service public perçu comme en déclin, il rejette fermement les protestations : « Je ne soutiens pas le mouvement « Bloquons tout ». A la fin ce sont des commerces et des usines qui sont attaquées, ça me met hors de moi. » Pour lui, le dialogue et le compromis doivent primer, à condition que la mauvaise foi quitte le débat public.

Il admet également que les résultats économiques obtenus depuis le premier mandat d’Emmanuel Macron sont bons : « depuis sept ans on a une politique de l’offre qui a fonctionné : le taux de chômage a baissé, et l’économie est repartie ». Mais il s’empresse de rappeler que : « la politique de l’offre n’est pas pour les patrons. C’est une politique pour la France, pour les entreprises et donc pour leurs salariés. Il faudrait maintenir cette politique de l’offre. »

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Fils de réfugiés iraniens, Amir Rez-Tofighi dit avoir hérité de ses parents une valeur essentielle : « l’importance du travail ». Une conviction qu’il place au cœur de son engagement : « l’entreprise est un des derniers lieux de cohésion sociale. […] Notre société ne peut se développer que par le travail. »

Daphnée Cataldo

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