Etats-Unis : le Trumpisme va survivre à Donald Trump, selon la chercheuse Maya Kandel

Crédit : White House/ZUMA/SIPA

Cinq mois après le retour de Donald Trump au pouvoir, Maya Kandel, historienne et chercheuse indépendante, sort son livre intitulé Une première histoire du trumpisme aux éditions Gallimard. Elle y dévoile son analyse de la conquête du pouvoir de Donald Trump. Invitée de la matinale, l’auteure revient sur la relation entre le président américain et Elon Musk et décrypte l’arrivée en politique de Donald Trump.

Le président Donald Trump s’assure une première victoire au forceps pour le vote en faveur de son grand texte budgétaire baptisé Big Beautiful Bill. Il a fallu le vote décisif du vice-président J.D. Vance pour faire pencher la balance et adopter au Sénat, par 51 voix contre 50, ce projet de loi. Maya Kandel, auteure d’Une première histoire du trumpisme, explique que ce vote serré reflète le paradoxe d’une telle loi pour le parti américain : « cette loi coupe dans pas mal de programmes de santé et d’aide alimentaire alors que ceux qui en bénéficient sont principalement des électeurs de Trump. »

Big Beautiful Bill, c’est aussi ce qui a fait éclater la guerre avec son ancien allié : Elon Musk. Donald Trump a même récemment déclaré : « On pourrait avoir à mettre le Doge sur Elon. Plus de lancement de fusées, de satellites ou de production de voitures électriques, et notre pays économiserait une fortune ! »

Pourtant, le patron de Tesla soulèverait un réel problème d’après Maya Kandel : « certes, il y a ce côté personnel car sa production de voitures électriques est directement impactée, comme la loi prévoit de supprimer le crédit d’impôt de 7500$ pour tout achat de véhicule électrique. Mais Musk déclare avec raison que tourner le dos à la transition écologique, c’est donner le leadership de ces nouvelles énergies et des technologies qui y sont nécessaires à la Chine, alors que pendant ce temps, les États-Unis se tournent vers le passé puisque Trump met l’accent uniquement sur les énergies fossiles.»

Une ascension inattendue

À la veille du scrutin de l’élection présidentielle américaine de 2016, le New York Times estimait qu’Hillary Clinton avait 84% de chances de l’emporter. L’agence Reuters surenchérissait à 90% de son côté. L’historienne dévoile ce qui a fait basculer de manière inattendue les votes du côté de Donald Trump : « quand Trump se présente aux primaires républicaines en 2015, les USA sont un pays profondément éprouvé par déjà 15 ans de guerre contre le terrorisme, et on sait aujourd’hui que les soldats démobilisés font partie d’une bonne majorité des électeurs de Trump. Le pays est aussi frappé par l’augmentation des inégalités, une crise économique pire que celle de 1929, et n’ayant plus personne pour les représenter, les Américains ne veulent plus voter à moins qu’il y ait de la nouveauté. »

Le peuple américain attendait quelqu’un qui serait contre les élites dirigeantes, un défenseur du peuple avec des idées simples, et c’est exactement la manière dont Donald Trump s’est présenté : « La victoire de Donald Trump en 2016, c’est l’expression d’une révolte de la base du parti républicain et c’est comme ça qu’il a mobilisé des électeurs découragés de la politique qui ne votaient plus. »

America Party : le nouveau parti politique d’Elon Musk

« Aujourd’hui, on voit que le trumpisme est à la fois un pouvoir politique et médiatique, et c’est quelque chose qui porte au-delà des frontières », affirme la chercheuse indépendante.

D’après elle, le Trumpisme continuera même sans Donald Trump : « il transmet un certain nombre d’outils et une stratégie électorale victorieuse aussi, et puis cette redéfinition du conservatisme et des idées qui définissent le parti républicain, c’est quelque chose qui va durer. »

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Mais Donald Trump pourrait bien ne plus être le seul à émerger avec une nouvelle idéologie. Elon Musk, son ancien associé, menace de créer un nouveau parti politique : America Party. Le milliardaire écrivait ce lundi sur X : « Les États-Unis ont besoin d’une alternative à l’unipartisme démocrate-républicain pour que le peuple ait réellement une voix. »

Alessandra Wyak

 

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