Alors qu’il assistait à une concert de l’Orchestre symphonique national au Kennedy Center de Washington, dont Donald Trump a pris la présidence en février, J.D. Vance a été conspué par le public.
Le moins que l’on puisse dire c’est que la reprise en main de la direction du Kennedy Center, le grand centre culturel et artistique de Washington, par l’administration Trump ne passe pas bien auprès des artistes et du public. On ne compte plus le nombre de retraits d’artistes et de spectacles pourtant programmés de longue date. Le dernier en date étant celui de la comédie musicale Hamilton prévue en avril 2026 à l’occasion de la célébration du 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis.
Mais ce jeudi c’est dans la salle du Concert Hall que la grogne s’est exprimée et c’est le vice-président américain qui en a fait les frais. Alors qu’il venait d’arriver dans sa loge avec son épouse Usha (nommée récemment au conseil d’administration du Kennedy Center), J.D. Vance a été hué par une grande partie du public. « Vous avez ruiné cet endroit ! », a-t-on entendu parmi les invectives.
Résultat, une représentation a été retardée de 25 minutes alors que, ironie du sort, était proposé un programme exclusivement consacré à des compositeurs russes : Dimitri Chostakovitch, dont le 2e Concerto pour violon était interprété par Leonidas Kavakos, et Igor Stravinsky pour la musique de son ballet Petrouchka.
En 2016, J.D. Vance s’est dit stupéfait « que des gens écoutent de la musique classique pour le plaisir »
Selon le quotidien anglais The Guardian, J.D. Vance s’est contenté de répondre aux invectives en souriant ironiquement, en faisant signe de la main aux frondeurs tandis que Richard Grenell, ex-patron du renseignement américain (en 2020) nommé par Donald Trump directeur exécutif par intérim du Kennedy Center, a qualifié ces perturbateurs d’“intolérants“.
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La présence du vice-président américain à ce concert est d’autant plus surprenante, et donc symbolique, que sa sensibilité de mélomane est plutôt sujette à caution. Le Guardian rappelle qu’en 2016 J.D. Vance avait déclaré au New York Times qu’il trouvait « stupéfiant que des gens écoutent de la musique classique pour le plaisir et qu’ils occupent souvent des positions différentes de celles des Américains pauvres ».
Boos for JD Vance as he enters tonight’s concert at the Kennedy Center pic.twitter.com/IWTsJUWjCR
— Andrew Roth (@Andrew__Roth) March 13, 2025
À noter que l’ex-présidente du Kennedy Center Deborah Rutter, révoquée en février par Donald Trump, a été désignée pour animer en mai prochain à Memphis la conférence annuelle d’Opera America, puissant organisme chargé de promouvoir la création et la diffusion de l’opéra aux États-Unis
Philippe Gault
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