La grande compositrice russe Sofia Gubaïdulina est morte à 93 ans

Crédit : Melina Mörsdorf

Considérée comme l’une des plus grande compositrices du XXe siècle, la musicienne russe Sofia Gubaïdulina est morte ce jeudi à l’âge de 93 ans chez elle près de Hambourg en Allemagne.

Née en 1931 à Tchistopol, en République tatare de Russie, Sofia Gubaidulina grandit à Kazan où elle suit des études musicales au conservatoire local avant d’intégrer le Conservatoire Tchaïkovski de Moscou où elle étudia le piano et la composition avec un assistant de Dimitri Chostakovitch. Le grand compositeur russe qui l’encouragea à persévérer dans cette voie.

Même si, de 1963 à 1985 elle se fait connaître essentiellement pour la composition de musique de films, Sofia Gubaïdulina fonda à la fin des années 70 un studio expérimental de musique électronique mais se retrouve placée sur une liste noire de musiciens jugés « décadents » par les autorités soviétiques. Une mise à l’index qui la contraindra à s’exiler en Allemagne

Révélée au public occidental grâce à Gidon Kremer

C’est en grande partie grâce au violoniste letton Gidon Kremer, pour lequel elle avait composé son premier concerto pour violon Offertorium, que le public occidental découvrira l’œuvre de la compositrice russe au début des années 80. Un répertoire contemporain qui séduit les plus grands chefs d’orchestre et musiciens.

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Ainsi, d’elle, Sir Simon Rattle déclarait : « Elle est telle une ermite volante, car elle est toujours en orbite et ne visite la terre ferme qu’occasionnellement », tandis qu’Andris Nelsons confiait que « la musique de Sofia Gubaïdulina, son intelligence et sa profonde spiritualité, est profondément touchante ». Anne-Sophie Mutter, à qui elle avait dédié en 2007 son 2e concerto pour violon, In tempus praesens, la décrivait comme « intellectuelle, mais sans jamais se mettre en avant »


Depuis 1992, Sofia Gubaïdulina résidait en Allemagne à Appen, près de Hambourg, où elle composait sur le piano que lui avait offert Mstislav Rostropovitch. Récompensée d’un Lion d’Or à la Biennale de Venise en 2013, sa dernière composition, un triple Concerto pour violon, violoncelle et bayan, avait été donné en sa présence et en première mondiale par l’Orchestre Symphonique de Boston, sous la direction d’Andris Nelsons en février 2017.

Philippe Gault 

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