La violoniste Anne-Sophie Mutter annonce faire une pause dans sa carrière

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Dans un long entretien au quotidien économique allemand Handelsblatt, la violoniste Anne-Sophie Mutter s’est confiée sans langue de bois sur sa perception de son métier, ses nouvelles passions et la suite de sa carrière qu’elle va mettre entre parenthèses à la fin de l’année.

Alors qu’elle a fêté ses 60 ans en 2023, Anne-Sophie Mutter s’est longuement confiée à Hans-Jürgen Jakobs, journaliste du quotidien Handelsblatt. Même si, après 48 ans de carrière, la violoniste allemande se dit toujours aussi motivée, elle éprouve le besoin de faire une pause de quelques mois à la fin de l’année.

« Je dois me libérer de la roue du hamster (…) Je veux réévaluer la façon dont je veux aller dans le futur en tant que musicienne »,  admet-elle, avant d’ajouter : « Pendant cette pause, j’espère améliorer mes compétences en tir à l’arc et approfondir la méditation qui est un élément essentiel dans ma vie ». Pas question pour autant d’imaginer une retraite anticipée pour Anne-Sophie Mutter qui affirme « J’ai beaucoup de projets. Il ne me reste plus qu’à avoir le temps et l’énergie de tout faire avant mon centième anniversaire ».

Une passion pour le Chevalier de Saint-George

Concernant ces projets, Anne-Sophie Mutter évoque ses 50 ans de carrière, qu’elle célébrera en 2026, notamment avec la création d’une nouvelle œuvre d’un compositeur iranien. La violoniste allemande compte également continuer de travailler l’oeuvre du compositeur antillais du XVIIIe siècle Joseph Bologne de Saint-George, dont le parcours la passionne.

« Ce violoniste, compositeur et escrimeur à la peau foncée a vécu en France à l’époque de Mozart. Son père était un planteur blanc, sa mère une esclave originaire de Guadeloupe. Il reçut la meilleure éducation, joua de la musique avec la reine Marie-Antoinette et faillit même devenir directeur de l’Opéra de Paris. Malheureusement, le racisme l’en a empêché ».

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Au cours de cet entretien, Anne-Sophie Mutter s’est également attardée sur la situation actuelle de la musique, affectée par la crise économique dans un contexte post-covid. « Cela influe sur le secteur culturel. Les financements manquent. Regardez la nouvelle salle de concert de Munich, promise depuis longtemps. Le dossier n’avance pas. Les citoyens, moi y compris, ont moins d’argent en poche et vont moins souvent au concert. À long terme, cela nuit à la diversité des programmes et à l’éducation des jeunes », regrette-t-elle.

Philippe Gault

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