Le compositeur et chef d’orchestre hongrois Péter Eötvös est mort à 80 ans

Crédit : SzilviaCsibi/Harrison Parrott

On le disait héritier de Bartók et de Stockhausen, chef d’orchestre et compositeur prolifique de musique contemporaine, Péter Eötvös est mort dimanche 24 mars des suites d’un cancer chez lui à Budapest. Repéré par Pierre Boulez, il fut directeur musical de l’Ensemble intercontemporain de 1979 à 1991.

Né le 2 janvier 1944 à Székelyudvarhely, en Transylvanie, alors hongroise, Péter Eötvös découvre la musique et le piano à travers l’œuvre de Béla Bartók qu’il étudie à l’académie Franz Liszt de Budapest auprès notamment de Zoltan Kodaly à qui il dédie sa première composition créée alors qu’il n’avait que 12 ans.

Parallèlement à ses études, Péter Eötvös commence à travailler et, dès l’âge de 16 ans, il compose des musiques de film et de scène. En 1966, une fois diplômé, il quitte la Hongrie communiste et s’installe en Allemagne de l’Ouest où il étudie la direction d’orchestre et la composition.

Péter Eötvös avait dû renoncer à venir célébrer son 80e anniversaire à Paris en janvier

La carrière de musicien de Péter Eötvös démarre vraiment à la fin des années 60 à Cologne où il intègre l’ensemble de Karlheinz Stockhausen comme pianiste et percussionniste avant de diriger lui-même des formations dans le répertoire contemporain. En 1978, il est remarqué par Pierre Boulez qui lui confie, l’année suivante, la direction musicale de l’Ensemble Intercontemporain (EIC) qu’il assura jusqu’en 1991.

À partir des années 80, Péter Eötvös, mena, une carrière de compositeur prolifique (13 opéras en collaboration avec son épouse Mari Mezei pour les livrets) en parallèle avec celle de chef d’orchestre qui l’amena à diriger les plus grands orchestres européens. Pédagogue reconnu, il créa à Budapest 2 fondations destinées à former et soutenir de jeunes compositeurs et chefs d’orchestre.

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En janvier 2024, Péter Eötvös avait été invité venir célébrer son 80e anniversaire à Paris lors de 3 concerts consacrés à son œuvre, à la Philharmonie, à l’Ircam et avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France mais il avait dû se faire remplacer en raison de la dégradation de son état de santé.

Mi-mars, Péter Eötvös a été distingué du Grand Prix Kossuth, considéré comme la récompense culturelle la plus prestigieuse en Hongrie, « pour sa contribution exceptionnelle et ses services rendus à la musique ».

Philippe Gault

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