Et si quelques minutes de musique classique pouvaient contribuer à faire baisser la tension artérielle ? C’est ce que suggère une étude menée en Turquie sur des patients arrivés aux urgences avec une hypertension importante. Les résultats ont été présentés fin septembre à Paris, lors d’un congrès européen de médecine d’urgence (EUSEM).
L’expérience menée par des chercheurs d’Ankara a été pratiquée sur 130 adultes pris en charge dans un service d’urgence pour une tension artérielle très élevée, sans signe de complication aiguë. Tous ont reçu le traitement médical habituel. Mais la moitié d’entre eux a été équipée d’un casque de réalité virtuelle leur proposant des images de paysages apaisants tandis qu’une sélection de musique classique était diffusée. Au programme notamment : Bach, Mozart, Debussy, Vivaldi et Tchaïkovski, mais également Haydn, Saint-Saëns et Corelli.
Après quinze minutes, les résultats ont révélé que la pression artérielle avait davantage diminué chez les patients ayant bénéficié de cette expérience immersive. Bien plus que chez ceux ayant reçu uniquement le traitement standard. L’écart était d’environ 4 à 5 mmHg (unité de mesure de la pression artérielle). Après trente minutes, la différence était déjà moins évidente et, à partir d’une heure, les deux groupes présentaient des valeurs comparables.
Un protocole « sûr, simple à mettre en œuvre et bénéfique »
L’immersion musicale agirait donc comme « un accélérateur de l’apaisement initial », notamment dans des conditions stressantes comme l’admission dans un service d’urgence, mais pas nécessairement comme un traitement de fond.
Selon le Dr Safa Dönmez, de la faculté de médecine d’Ankara et premier auteur de l’étude, ce dispositif, peu coûteux, sans effet secondaire, pourrait éviter de recourir inutilement à des médicaments supplémentaires.
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Cette approche séduit d’autres spécialistes interrogés lors du congrès EUSEM, comme le Dr Felix Lorang, urgentiste allemand non impliqué dans l’étude, qui estime ce protocole « sûr, simple à mettre en œuvre et bénéfique ». Reste à savoir ce qui, des images ou de la musique, produit l’effet le plus positif.
La version en latin de l’Ave Maria de Schubert bénéfique pour la pression artérielle et le rythme cardiaque
En 2015, des chercheurs de l’Université d’Oxford avaient déjà observé que certaines musiques semblaient avoir un effet plus favorable que d’autres sur la pression artérielle et le rythme cardiaque.
Parmi les œuvres qui produiraient cet effet figuraient l’adagio de la Symphonie n° 9 de Beethoven, le Va, pensiero du Nabucco de Giuseppe Verdi ou encore Nessun dorma dans Turandot de Giacomo Puccini.
L’Ave Maria de Franz Schubert figurait également parmi les exemples étudiés, avec une particularité étonnante : les effets observés s’étaient révélés plus positifs dans la version en latin plutôt qu’en allemand.
Philippe Gault
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