Le secteur automobile est-il en train de vivre la pire crise de son histoire ?

Alors qu’une révolution technologique et écologique secouait déjà l’automobile, elle est en train d’affronter la crise la plus grave de son histoire. Sans aides des Etats, les petits constructeurs vont se montrer vulnérables.

Tous les marchés automobiles seront en recul cette année

L’automobile est une industrie moderne est née avec le XXème siècle. C’est aussi une industrie qui a connu beaucoup de crises. Il y a eu la grande dépression des années 1930, qui a provoqué un effondrement du pouvoir d’achat, les deux Guerres mondiales, qui ont désorganisé totalement les constructeurs, les chocs pétroliers, qui ont frappé les géants de l’auto, qui ne se souciaient pas tellement des économies de carburant. Et puis, il y a eu la crise financière de 2008-2009, qui avait grippé tous les mécanismes de crédit, alors qu’on achète rarement une voiture cash.

 

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Mais aujourd’hui, on est dans une crise d’une ampleur sans précédent. Première différence, cette crise est mondiale. Il n’y a pas un marché géographique qui ne sera pas en recul cette année. Les ventes vont s’effondrer partout, au minimum sur un trimestre, mais sans doute sur plus car quand l’économie va repartir, les ménages comme les entreprises ne vont pas se précipiter pour acheter une voiture.

 

 

Cette crise a en plus deux facettes : la production est impactée, puisque les usines sont soit à l’arrêt, soit au ralenti partout dans le monde, et la demande souffre et va souffrir.

 

Les constructeurs allemands ont des réserves de cash

Du coup, cet épisode va être d’une extrême violence. Les très bonnes années, le marché mondial de l’auto représente une centaine de millions de véhicules. Là, on devrait en vendre au mieux entre 70 et 80 millions. L’outil de production est maintenant disproportionné et donc, les entreprises qui ont du mal à amortir leurs frais fixes vont être très vulnérables. L’auto, ce n’est pas le luxe ou la high-tech. Quand tout va bien, cela va rarement bien pour tout le monde. Les constructeurs haut de gamme allemands s’en sortent, mais les autres affichent souvent de faibles marges.

 

 

Certes, pas mal de constructeurs ont des réserves de cash et vont pouvoir tenir un peu. Mais pas très longtemps non plus. Les Etats vont devoir apporter leur aide, avec un dispositif comme le financement du chômage partiel. Il faudra aussi sans doute des plans de relance.

 

 

Le pire pour l’industrie auto, c’est que cette crise arrive à un moment de révolution technologique et écologique. Il faut investir encore plus, alors que les cartes risquent d’être rebattues. Voici un peu les ingrédients d’un scénario catastrophe…

 

David Barroux