Masques et gels hydro-alcooliques : quel avenir pour les PME qui s’adaptent à la demande?

La crise du coronavirus touche durement l’ensemble des entreprises. Mais les PME cherchent à poursuivre leur activité en s’adaptant à la demande. Pas sûr pour autant qu’elles échappent toutes à la banqueroute à l’arrivée…

 

Une reconversion éclair de nombreuses PME pour fabriquer masques et gels désinfectants

Je ne veux pas voir tout en rose, mais cette crise démontre au moins que nos PME savent se montrer réactives. Aujourd’hui, environ 300 d’entres elles ont totalement transformé leurs usines, pour rejoindre ce qu’on peut appeler l’effort de guerre. On avait vu des géants comme LVMH, L’Oréal ou Pernod Ricard et Danone s’engager. On voit maintenant des PME et des ETI des cosmétiques, de l’agroalimentaire ou du textile, qui fabriquent en temps normal du shampoing, des vêtements ou de la bière, basculer dans la production de gel hydro-alcoolique ou de masques.

 

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Cet effort a un double impact. Cela va servir le pays, même si elles ne fabriquent pas les fameux masques FFP2 pour le monde médical. Elles vont fournir en un temps record des masques pour les livreurs, les caissières… Pour tous ceux qui, sur le terrain, doivent continuer de travailler. Comme les exemples venus d’Asie montrent que les masques protègent, ces petites entreprises font œuvre utile.

 

 

L’aide de l’Etat, à retardement, ne sauvera pas les PME à court de cash

Il va y avoir en cumulé beaucoup de volumes à gérer mais la logistique sera plus simple qu’avec du « made in China ». L’autre impact, c’est que cela permet à ces usines de tourner, sans doute au ralenti, avec un peu moins de salariés, mais cela va quand même donner du travail à des gens qui risquaient de se trouver au chômage. Car en effet, les commandes s’écroulent dans tous les secteurs. Toutefois, si le confinement dure trop longtemps et que l’activité ne redémarre pas très vite, beaucoup de PME vont aller dans le mur. Le gouvernement doit prendre en charge le chômage partiel et les banques sont censées apporter des liquidités.

 

 

Mais c’est toujours pareil… Les PME vont devoir commencer par payer les salaires et leurs charges fixes et dans un second temps, tenter de se faire aider. Si la crise est longue et que le soutien financier tarde à se matérialiser, de nombreuses entreprises manquant de commandes, et donc de chiffre d’affaires, vont se retrouver à court de cash.

 

 

Le cash est comme de l’oxygène pour l’homme ; quand on en a plus, on cesse de respirer. Les grands groupes, qui ont des réserves et toute l’attention de l’Etat, seront eux sauvés. Pour beaucoup de PME, je réserve mon jugement…

 

David Barroux