Le déficit public pour 2022 est moins élevé que prévu, qu’est-ce que ça change ?

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Le déficit public pour 2022 sera finalement moins élevé que prévu. Alors qu’il était attendu à 5 % du PIB, il tournera finalement autour de 4,8 %.

 

La dette publique n’a pas franchi fin 2022 le cap symbolique des 3.000 milliards d’euros

Ce déficit en baisse par rapport aux attentes change pas mal de choses. En tout cas, à court terme. D’abord, parce que cela signifie que l’économie française se porte mieux que ce qu’on pensait. Alors, c’est vrai, il y a un effet d’aubaine dû au report sur 2023 de certaines dépenses liées au bouclier anti-inflation, mais c’est loin d’être la principale explication. Si le déficit est moins élevé c’est surtout que l’impôt rentre bien, signe du dynamisme de l’activité. L’impôt sur les sociétés a ainsi rapporté 7 milliards d’euros de plus que prévu à l’Etat. Quant aux finances des collectivités, elles ont aussi bénéficié de bonnes rentrées fiscales. Résultat, la dette publique n’a pas franchi en fin d’année dernière le cap symbolique des 3.000 milliards. C’est évidemment une maigre consolation, d’autant que ce n’est sans doute que reculer pour mieux sauter, mais on peut tout de même s’en réjouir.

 

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Le Budget 2023 a été construit sur une hypothèse de +1%

Cette amélioration des comptes publics peut-elle se poursuivre cette année ? Ce qui est sûr, c’est que ce trou moins élevé que prévu donne un peu d’air à Bercy. Le point de départ étant meilleur que prévu, il sera un peu moins difficile de contenir le déficit public à 5% du PIB cette année comme il s’y est engagé. Mais ce n’est pas gagné pour autant. Car si la croissance résiste – elle est attendue autour de 0,6% désormais, selon la Banque de France – le Budget 2023 lui a été construit sur une hypothèse de +1%, qui reste pour le moment plutôt optimiste. Pour tenir le cap sur les comptes publics, il est donc plus que probable que le gouvernement devra couper dans les dépenses. Surtout que la Commission européenne a déjà prévenu. Elle attend des Etats-membres qu’ils renouent au plus vite avec la discipline budgétaire. Dans un pays qui a déjà du mal à accepter l’idée d’une réforme des retraites susceptible de générer 13 milliards d’euros d’économies à l’horizon 2030, la partie s’annonce tout sauf facile.

François Vidal

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