La fin du « logement social à vie », une solution pour pallier la pénurie de logements ?

Chang Martin/SIPA

Le ministre du Logement, Guillaume Kasbarian, a indiqué être favorable à la fin du « logement social à vie ». Est-ce la solution pour libérer des places ?

Après le licenciement des fonctionnaires évoqué par Stanislas Guerini, le gouvernement s’attaque à un nouveau tabou : faire partir les bénéficiaires d’un logement social quand ceux-ci ne remplissent plus les critères. Guillaume Kasbarian veut changer les règles dans la prochaine loi logement qui sera présentée le mois prochain.

Il souhaite imposer aux bailleurs une évaluation régulière de la situation des locataires en termes de revenus et de patrimoine, avec à la clef, soit un non-renouvellement de bail, soit une hausse de loyer s’ils se trouvent hors des clous, ce qui est le cas pour 8% des locataires.

Une réforme controversée de la loi SRU

On compte aujourd’hui 5,2 millions de logements sociaux en France et près de 2 millions de ménages qui candidatent en vain. « Est-il normal qu’ils soient empêchés de le faire alors qu’il y a des gens au sein du parc social dont la situation a largement changé ? », interroge le ministre. L’an dernier déjà, des députés avaient préconisé d’abaisser les plafonds de revenus.

Une telle mesure créerait de la mobilité, mais pour pallier le manque de logements disponibles, il faut avant tout construire plus. C’est aussi le credo de Guillaume Kasbarian, et c’est d’ailleurs ainsi qu’il justifie sa réforme controversée de la loi SRU. Cette loi impose 20 à 25% de logements sociaux aux communes, mais elle touche ses limites car de plus en plus de villes ne respectent pas leurs engagements et préfèrent payer des amendes.

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Pour débloquer la situation, le gouvernement va leur permettre de construire des logements intermédiaires, destinés aux classes moyennes, afin de tenir leurs objectifs. La gauche crie au détricotage de la loi, mais il faut sortir de l’idéologie : il vaut mieux que ces élus construisent plus que pas du tout. D’autant qu’on manque cruellement de tels logements, aux loyers plus élevés que les HLM mais se situant toujours sous le prix du marché. Face à la crise du logement, nous n’avons que trop tardé. Il faut passer à l’action.

Etienne Lefebvre

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