Les prix de l’immobilier ont baissé de 2% en moyenne sur un an, avec d’importantes disparités : 6,7% de baisse à Paris, 6,4% dans le département du Rhône. A l’inverse, les prix ont légèrement augmenté sur un an dans plusieurs départements : 1% dans le Calvados, la Creuse et la Lozère. Peut-on parler de reprise du marché immobilier ? Loïc Cantin, président de la Fédération Nationale de l’Immobilier et invité des Voix de l’économie, fait le point.
Est-ce que le marché de l’immobilier a repris, après trois ans de crise ?
Non. Il y a une légère embellie, toute relative. C’est plutôt un effet de rattrapage après la baisse des taux d’intérêts. Les Français ont retrouvé un crédit moins cher, mais ce n’est pas un démarrage. On va vers une amélioration, mais le marché continue de baisser en volume, donc il est pas question de reprise.
Pourtant, la bulle d’oxygène qu’on attendait, la baisse des crédits immobiliers est en train de se concrétiser. Il faut compter actuellement 3,5% pour un crédit à 20 ans. C’était 4% à la fin de l’année dernière, c’est le moment d’acheter ou est-ce qu’il faut attendre encore un peu ?
Oui, c’est le moment d’acheter. Mais c’est aux acheteurs de faire jouer leur position de négociateur et intervenir sur le prix. La baisse des prix est salutaire pour tous les ménages or elle n’a pas encore eu assez d’impact sur le marché.
Une baisse des taux d’intérêt, autour des 3% à la fin de l’année
Que faudrait-il pour envisager une véritable reprise du marché ? Même avec la baisse des taux, on voit bien que la capacité d’achat immobilière des ménages a fortement diminué depuis quelques années…
Elle a fortement diminué sous l’effet de la hausse des taux d’intérêt et le marché a toujours su se réguler par lui-même et s’équilibrer. L’État n’est jamais intervenu sur le marché de l’existant, on ne le demande pas d’ailleurs ! L’élément positif, c’est qu’on évolue vers une baisse des taux d’intérêt, autour d’une moyenne de 3% à la fin de l’année.
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On parle beaucoup en ce moment des hausses d’impôts. Est ce que vous avez le sentiment que les propriétaires immobiliers sont en train de devenir la nouvelle vache à lait fiscale de l’État français ? On le voit bien depuis quelques années : la baisse des ressources accordées aux collectivités locales a entraîné une très forte augmentation de la taxe foncière.
Si on veut décourager l’accession à la propriété, continuons ainsi ! On est passé de 1,2M de transactions à 783.000 aujourd’hui, imaginez les recettes en moins pour les collectivités locales au travers des droits de mutation ! Augmenter la taxe foncière, c’est prélever du pouvoir d’achat sur les ménages [qui pourraient] devenir propriétaires. Donc on continue à taxer plus pour empêcher un marché d’arriver à son équilibre.
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