L’entreprise d’électronique Thales, spécialisée dans la sécurité et la défense, a présenté e 5 mars des résultats économiques en nette croissance. Son PDG Patrice Caine est au micro de David Abiker dans la matinale de Radio Classique.
Pour Patrice Caine, les gouvernements rencontrent en ce moment des « besoins très importants » qui les poussent à « investir de plus en plus » dans les technologies de défense. Avec pour Thales un carnet de commandes qui s’élève à près de 35 milliards d’euros sur trois ans pour sa seule branche « défense », le secteur se porte bien.
Le PDG de Thales indique qu’entre 2018 et 2024, les investissements ont été multipliés par deux, signe selon lui de l’entrée dans une économie de guerre qui pousse les Etats à « investir plus pour répondre plus vite et plus tôt à la demande ».
Un « retour de la défense aérienne »
L’Union Européenne a d’ailleurs annoncé il y a quelques jours son ambition de devenir autonome sur 50% de ses équipements militaires d’ici à 2030. Un « bel objectif » qui signale une « volonté politique de reprendre son destin en main », pour Patrice Caine. « La France est quasi-autonome sur l’ensemble de ses capacités militaires », commente-t-il. « Ce qui est faisable à l’échelle d’un pays est tout à fait faisable à l’échelle d’un continent ».
Chez Thales, le secteur aéronautique connait également la croissance et bénéficie d’un « rebond d’après-Covid ». Le secteur bénéficierait d’un « retour de la défense aérienne », qui amène notamment le groupe à vendre de nouveaux modèles de radars militaires, qui voient « plus loin, de manière plus précise » et permettent notamment de repérer plus efficacement les drones, « à peu près partout dans le monde ».
Leader de la cybersécurité
Les technologies intègrent l’intelligence artificielle. Côté militaire, Thales développe par exemple des « systèmes autonomes et automatiques » permettant de détecter et neutraliser les mines. Pour l’aviation, de nouveaux systèmes de contrôle du trafic aérien permettent d’optimiser les trajectoires afin de les rendre plus « plus courtes et donc consommant moins de carburant et émettant moins de CO2 ».
Patrice Caine se veut rassurant sur les risques liés à l’IA. Si elle « amène plus d’efficacité dans les équipements », elle ne pourrait pas prendre des décisions critiques, comme celle de tuer. « La responsabilité ‘d’engager une cible’ reste de la responsabilité du politique ».
Il reconnaît cependant que l’IA « augmente les vulnérabilités ». Pour cette raison, Thales souhaite rester « leader » dans le domaine de la cybersécurité, notamment en ce qui concerne la sécurité des données, des applications et des identités. Le groupe a recours à des « friendly hackers », des pirates informatiques qui mettent leurs services à disposition du groupe pour leur permettre de tester leurs propres technologies.
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Pour soutenir sa croissance, l’entreprise embauche entre 8.000 et 10.000 jeunes par an. Patrice Caine affiche son intention de faire de Thales une « véritable usine à cerveaux » et estime qu’elle attire à la fois « par la nature de [ses] métiers et par les grandes causes qu’[elle] sert ». « Il nous faudrait plus de jeunes filles », reconnait-il malgré tout.
Ella Couet
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