Camaïeu tente d’échapper à la faillite dans un secteur du textile en crise

istock

Camaïeu, l’ex-roi du textile bon marché a rendez-vous aujourd’hui au tribunal de commerce pour tenter d’échapper à la faillite. Le secteur, en particulier sur l’entrée de gamme, est marqué par un recul des ventes. Le textile est un métier de plus en plus compliqué.

Les grandes chaînes de prêt-à-porter souffrent moins des crises du textile

Les armoires sont pleines et les jeunes Français ont besoin d’argent pour investir dans les iPhones, Netflix ou Deezer. Les arbitrages de l’argent de poche ne se font plus forcément en faveur de la mode. A cela s’ajoute une crise Covid avec des magasins vides dont il faut continuer à payer le loyer, des salariés payés à ne rien faire, des soucis sur la logistique avec une explosion des coûts pour les produits importés de Chine,  et au global un vrai choc inflationniste ! On assiste à une super crise. Et dans une crise, les gros maigrissent, les maigres meurent ou risquent de mourir et c’est ce qui risque d’arriver à Camaïeu.

A lire aussi

 

Ca veut sans doute dire que seules les grandes chaînes vont s’en sortir. Quand on est gros, on a plusieurs avantages : on peut fermer des magasins peu rentables et garder ceux qui gagnent de l’argent, cela impacte le chiffre d’affaires mais pas forcément la rentabilité. Ensuite, on a des moyens pour investir et le cash est totalement stratégique, il permet d’investir dans de nouvelles collections, dans les magasins et sur Internet. Or sans boutiques et collections séduisantes, on perd ses clients.

 

Des petites marques comme Etam, Lacoste ou Sézane s’en sortent bien

Zara, Gap ou H&M vont passer la crise. Ils vont peut-être maigrir mais ils ne vont pas mourir. Ca ne veut pas dire que des petits groupes n’ont aucune chance, mais ils ne sont pas sur un pied d’égalité. Il y a ceux comme André, Camaïeu ou San Marina qui ont été rachetés alors qu’ils allaient déjà mal. Ils appartiennent à des groupes souvent endettés qui n’ont pas vraiment les moyens d’investir. Et puis il y a des petites marques comme Etam (dont le patron Laurent Milchior était invité hier sur Radio Classique), Lacoste ou Sézane. Ces marques branchées appartiennent à des actionnaires familiaux ou riches qui peuvent faire le dos rond et continuer d’investir, de rogner sur les marges en temps de crise, sans pour autant se saborder. Ils peuvent durer. Le risque, c’est qu’ils ne sont souvent que sur des niches et dans la mode, on sait que la mode finit par passer et peut tuer les petits qui ont du mal à se réinventer. Dans la mode, il faut rester à la mode pour durer.

David Barroux

 

Retrouvez toute l’actualité Economie