Italie : Les marchés européens sur leur garde après la victoire de l’extrême droite

Stefano Ronchini / ipa-ag/SIPA

Le triomphe de l’extrême droite aux élections législatives en Italie n’a pas provoqué de séisme sur les marchés européens hier. Mais plusieurs signes, dont la remontée des taux d’intérêts en Italie et dans les pays membres, invitent l’Union Européenne à la prudence face au futur gouvernement de Giorgia Meloni.

Les taux d’emprunt italiens ont dépassé hier le cap symbolique des 4,5%, soit le double de l’Allemagne

La Bourse de Milan a clôturé dans le vert hier, à +0,57%. C’est une réaction qui tranche avec les craintes affichées avant les élections législatives du pays. Si on n’a pas assisté à un mouvement de panique, c’est que la victoire de Fratelli d’Italia, le parti de Giorgia Meloni, avait été largement anticipée. Mais un signe ne trompe pas : les taux d’emprunt de l’Etat italien ont continué de se tendre hier. Alors que leur progression avait été remarquée ces dernières semaines, ils ont dépassé le cap symbolique des 4,5%, soit le double de ce que paye l’Allemagne pour s’endetter. C’est la preuve que les investisseurs ne sont pas prêts à faire un chèque en blanc à la nouvelle coalition et à ses 40 milliards d’euros de dépenses supplémentaires. Dans un pays où la dette publique pèse déjà 150% du PIB, cet avertissement ne peut pas être ignoré. D’ailleurs, la future présidente du Conseil a déjà annoncé que son premier voyage sera à Londres pour exposer sa politique économique à la City.

A lire aussi

 

 

L’Italie devra respecter ses engagements pour recevoir les 190 milliards d’euros du plan de relance européen

Giorgia Meloni devra aussi rassurer ses partenaires européens sur les sujets sociétaux et migratoires. L’arrivée au pouvoir d’un bloc de droite ultra-conservateur à Rome risque de modifier les équilibres au sein de l’Union. En revanche, sur le plan économique, on estimait hier à Bruxelles que l’urgence est moins grande. L’Italie devra de toute façon tenir ses engagements en matière de réformes si elle souhaite recevoir les 190 milliards d’euros du plan de relance européen comme prévu. Il faut espérer que ce calcul soit le bon, car un bras de fer entre Rome et Bruxelles aurait des répercussions au-delà de l’Italie. Hier, les taux d’emprunt de toutes les obligations européennes ont grimpé. L’OAT française (Obligation assimilable du trésor) a même retrouvé les sommets de 2012, à 2,71%. En clair, c’est la zone euro dans son ensemble qui est sous la surveillance des marchés depuis dimanche. Au moment où la plupart des pays membres sortent le carnet de chèques contre l’inflation, c’est tout sauf une bonne nouvelle.

François Vidal

Retrouvez toute l’actualité Economie