Tout le monde peut se faire avoir, c’est le message délivré ce matin sur Radio Classique par la présidente de l’Autorité des marchés financiers Marie-Anne Barbat-Layani. Invitée des Voix de l’économie, elle a donné quelques bons réflexes à adopter.
« Je le confirme, il y a une explosion des arnaques », précise d’emblée Marie-Anne Barbat-Layani. Si le phénomène n’est pas nouveau, il a pris une ampleur sans précédent. Le nombre d’arnaques à l’investissement financier a pratiquement été multiplié par trois en l’espace de trois ans. 3,2% des Français affirment en avoir été victimes, selon une enquête commandée par l’Autorité des marchés financiers auprès de l’Institut BVA.
Le parquet de Paris estime que le préjudice global dépasse les 50 millions d’euros par an, soit « 29.500 euros en moyenne par personne », se désole l’invitée de Stéphane Pedrazzi.
L’arnaque au faux conseiller bancaire
L’intelligence artificielle rend ces malfaçons plus crédibles, et c’est le comble, il existe même « des chevaliers blancs qui viennent vous ‘sauver’ lorsque vous avez été soi-disant victimes d’une arnaques ». Ce sont en réalité des malfaiteurs, « de plus en plus efficaces, de plus en plus malins » et chose notable, « tout le monde risque de se faire avoir » avertit Marie-Anne Barbat-Layani.
Cela se passe par mail, sur les réseaux sociaux, mais aussi par téléphone, « pour vous mettre la pression ». Elle égrène les différentes arnaques : l’investissement dans les cryptomonnaies, les faux parkings, ou dans des produits qui n’existent pas. Autre cas de figure, « un faux conseiller bancaire vous appelle, vous dit que votre carte a été piratée, qu’il faut donner vos codes ». Ensuite, on peut toujours s’adresser à la justice, mais « ce n’est pas si facile de récupérer l’argent », pointe la présidente de l’Autorité des marchés financiers.
Les bons réflexes
Alors quels sont les bons réflexes à avoir pour éviter de se retrouver dans une telle situation ? « Le premier est de ne pas céder à la pression et à l’urgence. Le deuxième, c’est [de ne pas imaginer] qu’il existe un placement mirifique pour lequel il n’y a aucun risque. Ça n’existe pas. Il y a toujours une relation entre le rendement et le risque ».
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Elle invite aussi les Français à consulter le site de l’Autorités des marchés financiers « voir si les entités sont bien autorisées. C’est ce que nous appelons nos listes blanches et nos listes noires ». Cela permet de savoir si une entreprise est interdite ou identifiée comme frauduleuse. Dans le cas du faux conseiller bancaire, « dites à la personne, donnez-moi votre numéro, je vous rappelle. Vous appelez ensuite votre conseiller financier, vous vérifiez que c’était bien lui, et vous lui demandez ce qu’il pense de ce placement extraordinaire qui va faire de vous un milliardaire sans le moindre risque ».
Béatrice Mouedine
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