L’Académicien Marc Lambron se penche dans cette chronique sur une expression qui hérisse le poil des amoureux de la langue française. Et pourtant, « A cause que » a été employé par plusieurs grands auteurs.
« A cause que » vous fait sans doute bondir. Cette locution conjonctive appartient pourtant à la langue classique. On la trouve chez Pascal, et des lexicographes comme Bescherelle et Littré estimaient qu’elle devait être conservée car on la trouve par exemple chez Baudelaire (dans Les Paradis artificiels : « A cause que j’étais accablé sous le poids de vingt Atlantiques ») ou George Sand dans La Petite Fadette. Mais la 8ème édition du dictionnaire de l’Académie française, au début du 20e siècle, a considéré cette expression comme archaïque.
Céline : « A cause que le dedans des pauvres sent déjà la mort »
« A cause que » peut aussi prendre une nuance triviale. Exemple dans Voyage au bout de la nuit de Céline : « Ils s’épiaient entre eux comme des bêtes, sans confiance, souvent battus quand ils vous parlaient, on évitait leur bouche à cause que le dedans des pauvres sent déjà la mort ». Mais ça, c’est Céline.
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En dehors de ce type d’emploi, c’est « parce que » qu’il faut utiliser. On dira, « il a été condamné parce qu’il conspirait contre l’État » et pas « il a été condamné à cause qu’il conspirait contre l’État », ou on dira « je n’irai pas parce qu’il est trop tard », mais pas « je n’irai pas à cause qu’il est trop tard ».
Retrouvez sa chronique « Et si on parlait français ? avec l’Académie française » du lundi au vendredi à 7h20
Le livre Dire ou ne pas dire, du bon usage de la langue française, est publié aux éditions Philippe Rey