Le mot citoyen, utilisé à toutes les sauces, peut faire grincer des dents : il sert désormais à muscler artificiellement des concepts qui semblent passés de mode. Son emploi est même souvent détourné au détriment d’autres termes, bien plus adaptés.
« Citoyen » devient un adjectif bien-pensant qui associe de manière assez vague, le souci de la bonne marche de la société civile, le respect de la loi et la défense des idéaux démocratiques. C’est plus à la mode que l’austère « civique », qui est pourtant ancien, très romain, plus flatteur que le simple « civil ».
« Citoyen » est mis à contribution pour donner de l’éclat à des termes jugés fatigués et bien souvent par effet de surenchère. Les vertus civiles ou civiques deviennent les vertus citoyennes. On ne faut plus preuve d’esprit civique mais d’esprit citoyen.
Citoyenneté, un mot dans le sens s’affaiblit avec le temps
Les jeunes gens sont convoqués pour une journée citoyenne, les associations citoyennes, les initiatives et entreprises citoyennes fleurissent. On organise une fête citoyenne, même quand c’est la Fête des voisins, des rassemblements citoyens, notamment du côté de la pensée woke.
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Les élections sont citoyennes, ce qui pourrait aller sans dire. Au fil des extensions, « citoyen » entraîne dans sa dérive le mot « citoyenneté » dont le sens s’affaiblit de la même manière. Horribile visu dirais-je en latin, c’est horrible à voir et à lire.
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