L’association « les Amis de François Truffaut » a ouvert une cagnotte Leetchi ce mercredi afin de venir en aide à un des acteurs les plus connus de la Nouvelle Vague, Jean-Pierre Léaud, en déliquescence financière. Invité des Spécialistes sur Radio Classique, le critique de cinéma au Monde Samuel Blumenfeld n’a pas caché sa peine.
Dans Les Quatre Cents Coups, un film réalisé par François Truffaut en 1959, Jean-Pierre Léaud, alors âgé de 14 ans, interprète le rôle d’Antoine Doinel. Une enfance difficile ponctuée de petits larcins qui lui vaudront d’être enfermé dans un centre pour mineurs délinquants.
Aujourd’hui c’est le comédien qui se trouve en difficulté financière. Une cagnotte Leetchi a été créée à l’initiative de son ami Serge Toubiana, président d’Unifrance et et ancien directeur de la Cinémathèque française. A en croire ses proches, l’homme de 79 ans se trouverait également « dans une situation psychologique difficile ».
« La situation de Léaud pose la question de la gestion de nos aïeux »
En 2016, lors du Festival de Cannes, le comédien reçoit une Palme d’honneur en hommage à l’ensemble de son œuvre. Présent en 2022 sur la Croisette à l’occasion de la diffusion de La Maman et la Putain, Léaud apparaît plus fondu, plus émacié, plus amoindri physiquement que jamais.
Issu d’une famille de comédiens – sa mère Jacqueline Pierreux avait notamment joué dans J’irai cracher sur vos tombes de Boris Vian en 1948 et son père Pierre Léaud avait connu une riche carrière en tant que scénariste -, Jean-Pierre Léaud « traverse une passe difficile ».
La cagnotte « Soutien et reconnaissance à Jean-Pierre Léaud » a été clôturée hier soir, après avoir atteint plus de 20.000 euros, sur un objectif initial fixé à 15 000 euros. « Ce n’est pas la première fois qu’une telle initiative est organisée » estime Renaud Blanc. « Un problème récurrent » selon Blumenfeld, qui fait écho à la situation de Jacques Rozier, « un des grands réalisateurs de la Nouvelle Vague, décédé dans un dénuement complet ».
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C’est lors de son retour du Festival de Cannes que l’acteur aurait inquiété ses plus proches confidents, selon les informations du Parisien. Flambeur, Léaud percevrait une retraite misérable.
Pour Blumenfeld, la gestion des finances des acteurs est une des « questions essentielles pour le cinéma français ». Un rôle dédié aux agents, dont Dominique Besnehard fait partie, qui doivent « se renseigner sur la situation matérielle des acteurs ».
Oscar Korbosli