Le 3 juin à Neuilly-sur Seine, la maison de ventes Aguttes vendra aux enchères un rare violon du luthier Jean-Baptiste Vuillaume, surnommé le Stradivarius français. L’instrument, fabriqué à Paris en 1871, appartenait aux héritiers d’une famille émigrée en Nouvelle-Zélande à la fin du XIXe siècle.
Jean-Baptiste Vuillaume, né à Mirecourt (Vosges) la capitale française de la lutherie, est considéré comme le plus grand luthier du XIXe siècle après avoir créé son atelier à Paris en 1824. Fasciné par les instruments italiens anciens, notamment ceux des maîtres de Crémone dont il cherche à égaler les exceptionnelles propriétés, il voue un véritable culte à Bartolomeo Giuseppe Guarneri « del Gesù » et à Antonio Stradivari, à qui il doit son surnom.
Et c’est une de ses plus belles créations, un violon fabriqué dans les dernières années de sa vie en 1871, qui sera mis en vente par le département Instruments et archets du quatuor de la maison de ventes aux enchères Aguttes à Neuilly-sur-Seine le lundi 3 juin à partir de 14h30. Un violon que le responsable du département Hector Chemelle, lui-même ancien violoniste professionnel, décrit comme « admirable en tout point, de facture extrêmement soignée, il se distingue par ses qualités de projection et une sonorité remarquablement chaleureuse et puissante » et dans excellent un état de conservation.
Le violon Vuillaume mis en vente est estimé entre 120.000 et 160.000 euros
Selon le catalogue de la vente, ce violon Vuillaume s’inscrit dans une belle histoire de transmission familiale. Offert au début du XXe siècle à l’épouse, mélomane et musicienne, d’un notable installé en Nouvelle-Zélande, l’instrument s’est transmis de génération en génération et a été parfaitement préservé par la descendance d’Olive et Arthur Jonas Friedlander. Ce fleuron du patrimoine instrumental français a vraisemblablement accompagné l’émigration des parents de la musicienne, de l’Écosse vers la Nouvelle-Zélande, à la fin du XIXe siècle.
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Estimé entre 120.000 et 160.000 euros *, le Vuillaume, numéroté 2831, sera la pièce maîtresse de cette vente d’instruments anciens au cours de laquelle sera également proposée à la vente, une remarquable sélection d’archets de la fin du XIXe et début XXe siècle dont certains, signés Vigneron (père), Fétique *, Maline, Ouchard ou Sartory, sont estimés entre 10.000 et plus de 20.000 euros
* Le violon Vuillaume a été vendu au prix de 219.480 € et l’archet signé Victor Fétique a atteint l’enchère record de 31.620 €
Philippe Gault
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