Depuis plus de trois siècles, des mélomanes du monde entier tentent de percer les secrets de la résonance magique des violons d’Antonio Stradivari. Ils pourront désormais poursuivre leur quête du Graal dans l’ancienne maison-atelier du prestigieux luthier qui a rouvert à Crémone dans le nord de l’Italie.
Après un an et demi de travaux, l’édifice, où vécut Antonio Stradivari à Crémone avec sa première femme et leurs 6 enfants, a rouvert mardi au public, précisément 356 ans après son emménagement le 4 juillet 1667. La bâtisse médiévale, sise au 57 Corso Garibaldi, qui fut la demeure du célèbre luthier jusqu’en 1680 a repris vie, se muant en centre de formation pour de jeunes artisans et musiciens et en lieu de pèlerinage pour les férus d’instruments à cordes.
Si les poutres d’origine du salon au premier étage ont pu être restaurées, il n’y a plus de trace de l’atelier au rez-de-chaussée, transféré dans une autre maison à Crémone qui a été démolie. Désormais, deux établis de luthier y ont été installés. La mystérieuse « altana », une terrasse couverte sur le toit entourée d’épais murs en brique, est quant à elle restée intacte et continue à alimenter la légende, car c’est là qu’Antonio Stradivari faisait, paraît-il, sécher les instruments qu’il fabriquait.
La Casa Stradivari proposera des stages de formation à des apprentis luthiers
Cette rénovation a pu être entreprise grâce à la Fondation Casa Stradivari créée en 2021 par le violoniste italo-suisse Fabrizio von Arx qui avait découvert la Casa Stradivari en 2020. Se retrouver dans la maison où a vécu et créé le maître luthier de Crémone, « c’est magique, je sens les vibrations », s’exclame le musicien. « C’est entre ces murs que le mythe Stradivarius est né et qu’a commencé à germer sa vision de la résonance parfaite du violon », s’émerveille-t-il .
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L’obsession du son parfait a aussi poussé Fabrizio von Arx à acquérir en 2017, avec l’aide d’un mécène suisse, un Stradivarius de 1720, le Madrileno, pour 8 millions de francs suisses. « C’était le coup de foudre », confie le violoniste, qui l’a même fait bénir par un cardinal dans la basilique Saint-Marc à Venise en le renommant « The Angel », un modèle conçu à Crémone mais pas dans la Casa Stradivari, contrairement à d’autres violons renommés du luthier lombard telles que le « Clisbee » (1669), le « Sunrise » (1677) ou le « Hellier » (1679), fabriqués Corso Garibaldi.
Outre sa fonction muséale, la Casa Stradivari, qui comprend également une bibliothèque, une salle de musique, une salle de conférence ainsi qu’un espace de visionnage et d’écoute de musique, accueillera de jeunes artisans et apprentis pour des stages de formation et de spécialisation en fabrication d’instruments à cordes.
Philippe Gault (avec AFP)