Le Magazine L’Équipe, en vente ce samedi, s’est intéressé à l’encadrement médical et sportif dont s’est doté l’Opéra de Paris depuis 2015. Une douzaine de spécialistes s’occupent à plein temps de la préparation et de l’entretien physique des membres de la compagnie.
À l’instar d’un grand club de football ou de rugby le ballet de l’Opéra National de Paris (ONP) dispose d’un Pôle Santé dont la création remonte à 2015, à l’initiative de Benjamin Millepied, le directeur de la danse de l’époque. Installé sous les toits du Palais Garnier, ce staff médico-sportif, composé d’une douzaine de spécialistes (médecin du sport, kinés, ostéopathes, professeur de Pilates, cryothérapeuthe…), prépare et soigne les 154 danseuses et danseurs de la compagnie qui assurent 190 représentations par an.
Ce dispositif qui leur permet d’être préparés et soignés comme des athlètes de haut niveau est salué par José Martinez, l’actuel directeur du Ballet : «une préparation physique plus adaptée, très en amont d’un nouveau spectacle. Soigner, c’est aussi prévenir ! ».
« Dès l’enfance, on a honte d’être malade ou blessé »
Ce souci de l’encadrement médical de la performance physique n’a pas toujours été la priorité des danseurs de l’ONP. Pendant longtemps, la blessure était taboue. Citée par le Magazine L’Équipe, Roxane Stojanov, première danseuse, raconte « Dès l’enfance, on a honte d’être malade ou blessé, par peur de laisser sa place et perdre la confiance des professeurs ».
Elle se souvient d’être montée sur scène malgré une fracture du ménisque. « J’ai dansé Don Quichotte (le ballet de Marius Petipa, ndlr) en souffrant le martyre. Je venais d’être promue en cachant ma blessure. Je ne voulais pas décevoir ».
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Le Magazine L‘Équipe rappelle la mésaventure d’Alice Renavand qui s’était gravement blessée au genou alors qu’elle faisait ses adieux, à 42 ans, à la compagnie dans Giselle en juillet 2022. Grâce à une rééducation rigoureuse, encadrée par le Pôle Santé de l’ONP, la danseuse étoile avait pu retrouver la scène de l’Opéra Bastille en mai dernier pour offrir à son public une dernière danse dans le Boléro de Ravel.
Philippe Gault