Le Châtelet doit présenter des productions plus attractives pour le public. C’est en substance le message délivré par la Chambre Régionale des Comptes, qui épingle la gestion du théâtre parisien au cours des dernières années.
Ruth Mackenzie et Thomas Lauriot dit Prévost, qui ont composé l’éphémère duo à la tête du Châtelet doivent avoir les oreilles qui sifflent. La Chambre Régionale des Comptes (CRC) a publié hier un rapport très accablant, estimant qu’ils ont « échoué à définir un projet artistique financièrement viable ». Les Sages enfoncent le clou en estimant que leur arrivée à la tête du théâtre musical parisien « a conduit à une confusion des rôles, préjudiciable à la bonne gestion du théâtre« .
Ils pointent directement les « choix artistiques » du duo, qui ont entraîné des pertes et dépenses imprévues de plusieurs millions d’euros pour des spectacles produits en 2017 et 2019.
La décision même de prendre un duo, une nomination « non prévue dans l’appel à candidature », a entraîné un « surcoût pour le budget » du théâtre, ajoute la CRC qui déplore aussi que le départ de Ruth Mackenzie, renvoyée en 2020, ait « coûté 235.000 euros au théâtre ».
Le déficit du Châtelet résorbé en deux saisons ?
Après cette longue liste de reproches, la Chambre Régionale des Comptes livre des conseils pour redresser financièrement le théâtre, présidé par Xavier Couture. Elle préconise une programmation « générant des recettes de billetterie suffisantes pour couvrir à elles seules (avec éventuellement les ressources de mécénat) les dépenses directement liées à l’organisation de ses spectacles ». « La Ville de Paris devrait enfin redéfinir la vocation artistique et commerciale du théâtre » dans ce sens.
Aurélien Coche, administrateur du Châtelet et ancien directeur administratif et financier du théâtre, répond que le « plan de redressement » voté en novembre 2022 « prévoit de résorber le déficit en deux saisons ».
West Side Story jusqu’au 31 décembre au Théâtre du Châtelet
Début 2023, la maire de Paris Anne Hidalgo a choisi le comédien, dramaturge et metteur en scène Olivier Py pour relancer ce fleuron de la capitale dans le domaine de l’opéra et de la comédie musicale, qu’elle soutient financièrement à hauteur d’environ 15 millions d’euros par an.
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La comédie musicale West Side Story de Leonard Bernstein, revisitée par le metteur en scène Lonny Price, proposée au Châtelet jusqu’au 31 décembre, s’inscrit dans cette stratégie artistique et commerciale préconisée par le CRC.
Philippe Gault (avec AFP)